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Saipol annonce une réduction d’activité début 2018

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Saipol (Avril) a annoncé le 6 octobre une baisse de son activité d’estérification et de trituration à compter de février 2018, évoquant « la menace du biodiesel argentin » et « un contexte de marché fortement dégradé ».

La direction a présenté, dans le cadre d’un comité central d’entreprise extraordinaire, « un projet de recours à l’activité partielle en 2018 concernant ses activités de production de biodiesel et de trituration en France », selon un communiqué. Saipol prévoit « une sous-activité d’environ 60 % » côté ester de colza, « de près de 30 % » pour la trituration.

« Ce projet doit permettre à Saipol d’adapter temporairement sa production à une situation de marché fortement dégradée et menacée par l’arrivée massive de biodiesel argentin sur le marché européen, tout en préservant l’emploi », explique le groupe.

Le dispositif, qui court sur six mois renouvelables à compter de février 2018, concerne environ 250 des 600 salariés de Saipol, répartis dans l’ensemble des cinq usines d’estérification de la filiale en France : Grand-Couronne (Seine-Maritime), Bassens (Gironde), Le Mériot (Aube), Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique) et Sète (Hérault), ainsi que les activités de trituration sur plusieurs de ces sites, a indiqué un représentant de la direction.

Concurrence « déloyale »

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La filiale d’Avril déplore l’arrivée dans l’UE des premiers cargos de biodiesel argentin bénéficiant d’« une réduction drastique des droits antidumping ». Elle craint d’autant plus cette « concurrence déloyale » que « les droits antidumping de l’UE sur le biodiesel indonésien (huile de palme) pourraient eux aussi être réduits, levant tout obstacle à l’importation massive de biodiesel en provenance d’Indonésie ». Autre menace : « le développement sur le marché européen des huiles végétales hydrotraitées (HVO) pour la production de biodiesel s’accélère », favorisé par le développement des importations à moindre coût d’huile de palme et l’ouverture prochaine d’une unité de production de biodiesel HVO à La Mède (Bouches-du-Rhône) par le groupe Total, ajoute le communiqué.

Yves Delaine, directeur général délégué du groupe Avril et président de Saipol, espère « l’obtention de droits anti-subvention pour contrer cet afflux massif d’ester argentin ». « Aujourd’hui, cinq cargos sont en route pour l’Europe, un est arrivé à Fos-sur-Mer », a rappelé un représentant d’Avril. Ces cinq navires transportent selon lui 240 000 t de biodiesel argentin, soit « en moyenne la capacité d’un an d’une de nos usines », a-t-il affirmé.

Les importations de biodiesel argentin déstabilisent la filière, cinq cargos sont en route pour l’Europe