Saipol, la filiale d’Avril dont l’usine de Dieppe a subi une explosion le 17 février (Agra Alimentation du 22 février 2018), et son sous-traitant la Snad, ont été mis en examen le 24 juillet pour « homicide involontaire par la violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence », a indiqué Yves Dupas, procureur de la République, le 5 septembre.
Le groupe Avril a estimé qu' "aucune responsabilité ne peut être retenue à ce stade". Deux salariés de la Snad, âgés de 25 et 44 ans, étaient morts le 17 février dans l'usine "dans le cadre d'une opération de maintenance d'urgence", pour débloquer un extracteur de graines, "gêné par un amas de détritus", selon Yves Dupas. L'usine recelait de l'hexane, un solvant qui peut être inflammable à l'état gazeux.
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Selon des éléments de l'enquête dont l'AFP a pris connaissance, une lampe frontale et une spatule utilisées lors de l'intervention ne respectaient pas la norme réglementaire requise dans les zones à atmosphère explosive (ATEX). "Ils pourraient être à l'origine de la source d'inflammation dans l'atmosphère rendue explosive au fil de l'intervention", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier. Selon ces mêmes éléments d'enquête, l'un des deux salariés décédés ne portait pas, au moment de l'explosion, d'explosimètre. "Le fils de mon client n'était même pas titulaire des formations nécessaires pour intervenir dans des zones ATEX", a affirmé David Verdier, avocat d'Éric Frontin, le père d'Alexandre Frontin, 25 ans, tué par l'explosion.