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Sanitaire : le contrôle divise, l’évaluation rassemble

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Si la plupart des partis s’accordent sur le besoin de renforcer l’évaluation des risques sanitaires par l’Efsa, LR et LREM divergent sur l’opportunité d’accentuer les contrôles, et notamment de créer une « DGCCRF européenne ».

En matière de contrôles sanitaires, la ligne de fracture sépare Les Républicains – qui souhaitent les alléger – et LREM qui souhaite les renforcer en Europe. Pour ce faire, LREM propose la création d’une agence européenne de contrôle sanitaire, grâce à laquelle des « inspecteurs pourront procéder à des enquêtes partout en Europe » et dont les résultats « seront rendus publics », précise son programme.

Un projet de « DGCCRF européenne » auquel s’oppose LR : « Nous avons déjà beaucoup d’agences, et le contrôle reposera de toute façon beaucoup sur le niveau national, comme on le voit pour d’autres agences ou autorités ». Sur le fond, la proposition de LR est la suivante : alléger les contrôles sur les producteurs européens « qui respectent déjà les standards les plus élevés au monde », et allouer les moyens dégagés au renforcement « massif » du contrôle des produits importés. De son côté, le Rassemblement national est favorable à cette DGCCRF européenne, et propose à défaut de taxer les produits de pays où les contrôles seraient moins fréquents.

Renforcer l’indépendance

En matière d’évaluation sanitaire, tous les partis se disent favorables à davantage de moyens, et d’indépendance pour l’agence d’évaluation du risque sanitaire (Efsa). Angélique Delahaye (LR) souhaite une augmentation des budgets de l’Efsa. LREM plaide pour « des mesures déontologiques plus fortes pour mieux lutter contre les conflits d’intérêts », « une meilleure transparence dans la documentation utilisée, davantage de moyens pour mener des études indépendantes en cas de divergence », a expliqué Nathalie Loiseau le 15 mai. Des mesures qui s’apparentent, dans l’esprit, au compromis européen trouvé en février, pour réforme l’Efsa.

Approche similaire chez Les Verts qui veulent « prendre plus en compte les études indépendantes », ainsi que « les effets de long terme », et les « effets cocktail », indique Benoit Biteau. De son côté, LFI se distingue par l’objectif affecté à cette agence d’évaluation. La liste souhaite mettre en place la « règle verte » selon laquelle « nous ne pouvons pas prendre plus à la planète qu’elle ne peut supporter ». De sorte qu’elle appelle à la création d’une « agence indépendante sous contrôle citoyen pour évaluer que les politiques mises en œuvre n’affectent pas l’environnement au-delà de ses capacités à se régénérer ». De son côté, le RN appelle à une « refonte du système d’homologation » et rappelle l’importance d’une agence indépendante ».

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LR : « Quand on souhaite atteindre la souveraineté alimentaire, il faut soigner les plantes »

Les animaux : non-sujet pour certains, axe majeur pour d’autres

La question du bien-être animal divise également profondément les partis. Le sujet n’est pas évoqué dans le programme des LR, qui ne souhaitent pas faire évoluer la réglementation. « Nous avons déjà un certain nombre de règles, pas besoin d’en rajouter », explique Anne Sander. Chez LREM, le sujet est peu présent, à l’exception d’une promesse de mettre fin au « broyage des poussins ». À l’inverse, c’est « un axe majeur de notre programme », prévient Laurence Lyonnais (LFI). « Nous distinguons l’élevage et production industrielle contraire à l’esprit de l’agriculture et duquel nous voulons sortir », plaide-t-elle. Leur programme prévoit la mise en place d’une charte européenne des droits des animaux comprenant l’interdiction de l’élevage en batterie, la limitation du nombre d’animaux par exploitation ainsi que l’interdiction des transports sur de longues distances. Les insoumis sont également convaincus de la nécessité de réduire la consommation de viande : « a minima par deux », confie Laurence Lyonnais. Debout la France met également l’accent sur le bien-être animal, avec un programme à part entière, dont un des points notables est l’interdiction de la viande provenant d’abattoirs qui pratiquent l’abattage sans étourdissement.

La vitesse de réduction de l’usage des phytos divise

En ce qui concerne l’utilisation des phytos en Europe, la vitesse de réduction suit bon an mal an un gradient gauche droite. Le mot « pesticides » n’apparaît pas dans le programme LR : « Quand on souhaite atteindre la souveraineté alimentaire, il faut soigner les plantes, résume Angélique Delahaye. De son côté, LREM propose à l’Europe de « sortir du glyphosate d’ici 2021 », et de « diviser par deux les pesticides d’ici 2025 ». Le PS se dit favorable à l’interdiction du glyphosate (sans préciser de date), des néonicotinoïdes et des perturbateurs endocriniens. L’objectif « à moyen terme » est d’en finir avec les pesticides, défend Eric Andrieu. De son côté, EELV a pour objectif la « sortie des produits phytosanitaires dans les quinze prochaines années », et immédiate pour le glyphosate.