Après leur assemblée générale du 30 mai, les Cuma étaient satisfaites, malgré une légère pointe de « déception ». Elles vont pouvoir très bientôt devenir des groupements d’employeurs, comme elles l’attendaient depuis longtemps. Mais cette activité « sera limitée à 30 % de la masse salariale totale », au lieu des 40 % que les Cuma avaient demandé. Le président des Cuma a par ailleurs donné, lors de son discours, des détails sur le projet en cours de renouvellement du réseau.
Les congressistes de la Fédération nationale des Coopératives d’utilisation de matériels agricoles (Cuma), réunis en assemblée générale le 30 mai à Paris, sont repartis « satisfaits des annonces faites par le conseiller du ministre, malgré une légère déception ». Patrick Dedinger, qui représentait Dominique Bussereau, a confirmé la publication prochaine du décret autorisant les Cuma à devenir des groupements d’employeurs, suite à l’article 58 de la loi d’orientation. Mais cette activité « sera limitée à 30 % de la masse salariale totale», a-t-il annoncé, alors que les Cuma demandaient 40 %. Les congressistes ont répondu par des sifflements dans la salle en brandissant des affichettes « 40 % » avec au dos la tête d’un bonhomme déçu. « Cette nouvelle disposition sera très rapidement opérationnelle. Une évaluation de l’effet sur l’emploi permettra d’apprécier la pertinence des paramètres retenus», a précisé Patrick Dedinger. « C’est une mesure d’ouverture favorable, mais elle est insuffisante pour permettre la création d’un premier ou d’un deuxième emploi dans une Cuma», a commenté de son côté Jean-Pierre Carnet, le président de la FNCuma.
Maintien des prêts bonifiés Cuma
Le conseiller du ministre a par ailleurs fait plusieurs annonces : « la reconnaissance des Cuma au titre des mesures de soutien à la compétitivité de l’axe 1 du Feader » (Fonds européen agricole de développement rural), « l’accès des Cuma au Plan de modernisation des bâtiments d’élevage, à compter du 1er janvier 2007 » et le maintien des prêts bonifiés Cuma, sans toutefois donner des détails sur le niveau des taux, que les Cuma souhaitent voir indexés sur ceux des Jeunes agriculteurs. « Une réflexion à laquelle vous êtes associés est en cours pour adapter et simplifier le dispositif. Le ministre souhaite que cette réflexion puisse aller à son terme avant de prendre une décision », a expliqué Patrick Dedinger.
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Après le discours du conseiller du ministre, Jean-Pierre Carnet a remis à ce dernier une motion, votée le matin par les congressistes, demandant une nouvelle fois de pousser jusqu’à 40 % le seuil pour les groupements d’employeurs et de « trouver rapidement une solution sur les taux des prêts bonifiés ».
Un projet de renouvellement
« Se renouveler, tel est le sens du chantier pour notre avenir, qui a été lancé sur l’organisation et le fonctionnement de notre réseau fédératif », a déclaré Jean-Pierre Carnet, lors de son discours. « Ce chantier aura des conséquences sur l’ensemble du réseau et tout particulièrement sur la FNCuma », a-t-il annoncé. « Les administrateurs nationaux ont engagé des réflexions pour alléger et améliorer le fonctionnement de notre fédération nationale : diminution du nombre d’administrateurs, nouvelles règles d’organisation, périodicité du congrès portée à trois ans », a-t-il ajouté. « Ne faut-il pas revoir le coût de l’adhésion d’un agriculteur à notre réseau fédératif, sachant que dans bien des cas, ce coût se révèle beaucoup trop faible, au vu de notre ambition ? », s’est-il interrogé. « Sinon, le risque est grand de voir les fédérations aujourd’hui les plus importantes vivoter alors que les autres risquent de s’effacer et de disparaître », a-t-il prévenu. La prochaine assemblée générale qui aura lieu à Bourg en Bresse en 2007, devrait voir la finalisation de ces travaux et proposer « le schéma d’organisation renouvelé que nous souhaitons », a indiqué Jean-Pierre Carnet.