Bien que révisés à la baisse, les volumes de pommes et poires s’annoncent corrects et de qualité. Mais les producteurs s’inquiètent de l’explosion du prix de l’électricité qui pèse sur la filière.
À l’occasion du lancement de la campagne 2022-2023 le 26 août, l’Association nationale pommes poires (ANPP) s’est félicitée de la qualité des fruits. « Ces conditions climatiques particulières ont profité à la qualité gustative en assurant un bon taux de sucre dans les fruits et ont avancé la récolte de 10 à 15 jours selon les variétés », indique un communiqué. L’ANPP s’est aussi réjouie des volumes corrects. Comme annoncé début août, la production attendue est de 1,468 Mt (+ 6 % par rapport à l’an dernier) selon les données arrêtées en juillet. Ce chiffre devrait pourtant être revu à la baisse et osciller « entre 1,3 Mt et 1,350 Mt », en fonction des données consolidées par variété qui seront connues « d’ici trois semaines », a indiqué l’ANPP le 1er septembre. Selon les chiffres de juillet, la Golden demeure la variété la plus produite avec 346 000 t (en baisse de 4 % par rapport à 2021). Vient ensuite la Gala qui reste à peu près stable avec 289 000 t. Vu l’écart de températures moins marqué cette année, cette variété précoce habituellement rouge sera bicolore et de plus petit calibre. La Pink Lady progresse de 29 % pour atteindre 186 000 t, et la Granny Smith progresse de près de 7 % à 143 000 t.
En poires, les variétés Williams et Comice enregistrent la plus forte progression par rapport à la moyenne triennale (+38 % et +55 % respectivement), devant la variété Conférence en très légère hausse (+3 %).
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Cri du cœur sur l’électricité
Au-delà de ces bons résultats, l’ANPP pointe des coûts de production « qui s’envolent et qu’il faudra répercuter ». « Pour cette récolte, il faut compter sur +5 cts €/kg au verger et +15 cts €/kg en station, soit un prix de revient qui s’accroît de l’ordre de 20 cts d’€/kg au départ de la station fruitière », indique l’ANPP. Très exposés au travers de leurs stations de conditionnement, les producteurs de poires et de pommes alertent, dans un autre communiqué le 29 août, sur l’explosion des prix de l’électricité, qui dépassaient cette semaine les 1000 € le MWh contre 85 € il y a un an.
Selon l’ANPP, un tiers des stations doivent renouveler leur contrat d’achat d’électricité d’ici le 31 décembre. Dans les conditions actuelles, la facture d’électricité d’une station passerait de 270 000 euros à plus de 4 millions d’euros, selon les calculs des producteurs, qui rappellent que « les résultats économiques annuels de ces stations fruitières ne dépassent pas 300 000 euros par an ». Signer des contrats à ces prix reviendrait « tout simplement à déposer le bilan », résume l’ANPP.