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Energies nouvelles Savéol fait feu de toute énergie

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La coopérative bretonne spécialisée dans les produits maraîchers investit fortement dans de nouvelles sources d’énergie. Elle vient de connecter une serre toute neuve à un incinérateur de déchets urbains.

A Briec, au nord de Quimper (Finistère), la coopérative Savéol vient d’emprunter une nouvelle voie énergétique : la connexion d’une serre flambant neuve de 5 ha à l’incinérateur du SIDEPAQ qui brûle les 63 000 t de déchets urbains de 130 000 habitants résidant dans le sud Finistère. L’utilisation de cette énergie en agriculture est une véritable première, au moins en Bretagne. La serre des trois producteurs associés récupère la chaleur de l’incinérateur sous forme d’eau acheminée par canalisation enterrée sur 300 m. Chaque semaine, ils donnent aux pilotes de l’incinérateur leurs besoins en température d’eau, en fonction des prévisions météo et des plages horaires en journée. Ils disposent d’une chaudière gaz capable de prendre le relais d’un arrêt de l’incinérateur. Les trois associés ont investi 5 millions € dans le projet qui a bénéficié de 20 % de subventions. Le soutien public illustre tout l’intérêt de l’Etat et des collectivités qui valorisent en énergie la combustion de déchets urbains (2580 tonnes équivalent pétrole).

Toutes les sources explorées

Pour la coopérative Savéol, à la tête de 51 % des surfaces de serres à tomates de Bretagne (202 sur 390 ha), la boucle énergétique est quasi achevée. Depuis une dizaine d’années, les flambées du prix du pétrole ont conduit les serristes installés dans 130 exploitations à modifier en profondeur leur approvisionnement, à réduire leur consommation en investissant dans des équipements d’économie d’énergie (écrans thermiques). Première source d’énergie, le gaz naturel chauffe 36 % des surfaces de Savéol (74 ha), le bois 15,3 % (31 ha), la cogénération 10,9 % (22 ha), le gaz naturel combiné avec une pompe à chaleur 4,3 % (8,7 ha), le fioul lourd 6,6 ha et le charbon 5,6 ha. Pour Brigitte Plassard, en charge du développement à la coopérative, il n’y a plus d’autre source d’énergie à trouver désormais. En revanche, des transferts énergétiques sont encore possibles. L’accès au gaz naturel continue d’intéresser les producteurs, notamment en raison des bons prix accessibles sur le marché libre. « Les surfaces en bois ne devraient plus beaucoup bouger, compte tenu des incertitudes pesant sur son approvisonnement », dit-elle. Malgré les contraintes réglementaires sur la cogénération (production électrique et production de chaleur combinée), Savéol annonce que deux exploitations installeront ce système sur 10 ha de surface, l’hiver prochain.

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