Pour assurer son développement à l’international, notamment vers l’Europe de l’Est, et renforcer sa position sur le marché de la nutrition, autant de projets nécessitant de nouveaux moyens financiers, le groupe breton Saveur vient de modifier son actionnariat. Le fonds d’investissement Quartus devient ainsi le nouvel actionnaire majoritaire avec à ses côtés les sociétés Cogepa et Ernest Soulard, minoritaires. Un LBO secondaire a été organisé afin de permettre aux investisseurs historiques, Barclay’s Private Equity et ABN Amro Capital, de sortir du capital.
A nouveaux projets, nouveaux actionnaires. Avec des velléités plus fortes à l’international et une toute nouvelle filiale en pleine phase de prospection, le groupe Saveur, spécialisé dans la fabrication d’ingrédients pour l’industrie agroalimentaire, est en pleine ébullition. Cinq ans après leur entrée dans le capital du groupe breton, une durée moyenne d’investissement en agroalimentaire, les investisseurs historiques Barclay’s Private Equity et ABN Amro Capital n’avaient pas l’intention de s’engager à plus long terme pour accompagner Saveur sur ses nouveaux chantiers. « Pour réaliser nos projets, nous avions besoin de nouveaux moyens financiers et d’une visibilité assez longue sans retours sur investissement possibles avant 3-4 ans », confie Eric Terré, dirigeant et créateur du groupe en 1988. Sa stratégie a manifestement séduit le fonds financier Quartus, devenu récemment le nouvel actionnaire majoritaire de Saveur avec à ses côtés en minoritaires la société Cogepa et le groupe volailler Ernest Soulard, l’équipe dirigeante conservant 15 % des actions restantes. A cette occasion, le nouvel actionnaire a ainsi organisé un LBO secondaire permettant aux précédents investisseurs de sortir du capital.
Renforcer le pôle nutrition et la RHF
Dotée de ces nouveaux moyens, la société de Bréal-sous-Montfort va notamment pouvoir donner toutes ses chances à sa nouvelle filiale, baptisée Cap Traiteur, mise en place pour regrouper l’activité naissante auprès de la RHF et des collectivités publiques (hôpitaux, écoles) et d’y consacrer une force de vente dédiée. Cette nouvelle entité commercialise des fonds de sauces, des sauces et en particulier des compléments de repas hyperprotéinés ou hypercaloriques très recherchés dans le secteur hospitalier. Opérée depuis la reprise en 2003 des laboratoires Pyc (Aix-en-Provence) et de sa filiale Sobal (Mâcon), l’extension de l’activité aux produits nutritionnels (12,5 % du chiffre d’affaires du groupe) a en effet permis de compléter les gammes fonctionnelles et aromatiques (plus de 55 % du CA) et culinaires (25 % du CA) du groupe. La récente filiale, qui s’adosse sur la recherche et développement – Saveur y consacre 4,5 % de son chiffre d’affaires par an – pour mettre au point des offres nutritionnelles adaptées, se fixe comme objectif un chiffre d’affaires de 5 à 7 millions d’euros d’ici quatre ans. La croissance doit être assurée en majeure partie par les ventes à l’étranger, qui représentent aujourd’hui environ un quart de l’activité de Cap Traiteur.
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Une antenne commerciale en Russie et en Allemagne
Car plus encore, l’arrivée du nouvel investisseur va permettre à Saveur de passer la vitesse supérieure à l’export. Déjà présent en Allemagne et en Grande-Bretagne, par le biais de filiales, ainsi qu’en Belgique, le groupe breton réalise aujourd’hui 60 % de son chiffre d’affaires hors de l’hexagone. Pour développer davantage encore ses ventes internationales, Eric Terré se tourne à présent vers les pays de l’Est et la Russie, où les taux de croissance sur les produits élaborés sont très élevés selon le groupe. « Nous avons déjà vendu des produits fonctionnels et aromatiques en Russie et en Pologne. A partir de cette base, qui a prouvé que nos gammes étaient exportables, nous sommes décidés à pérenniser ces activités », confie ainsi Eric Terré. Il envisage dans un premier temps d’ouvrir une antenne commerciale en Pologne et en Russie et de compléter sa force de vente d’ici douze mois de 2 ou 3 commerciaux locaux. Selon les besoins et la réglementation en vigueur dans ces pays, il pourrait envisager d’y ouvrir des filiales à plus long terme. Quant au pôle culinaire en particulier, les deux cibles prioritaires de Saveur sont l’Allemagne et la Grande-Bretagne.
Avec un chiffre d’affaires de 40 millions, Saveur a connu une croissance de 2 % l’an dernier. Avant les effets de change, qui ont impacté de manière notable ses résultats, la croissance s’est située autour de 5 %. Cette performance plutôt modérée, selon les dires d’Eric Terré, est notamment due à une restructuration d’une partie de sa clientèle, sur des secteurs d’activités jugés non stratégiques par le groupe, opérée après l’acquisition de la société Pyc. « En 2005, nous attendons une croissance de + 7 %, en espérant que les effets de change défavorables sont derrière nous», affirme Eric Terré. N’écartant pas la possibilité d’une nouvelle phase de croissance externe à long terme, si cela a du sens, il précise toutefois qu’aucune acquisition n’est envisagée pour le moment. Avec tous ces projets sur le feu et les nouveaux moyens dont elle dispose, sa société a de quoi assurer son développement interne en capitalisant sur ses acquis.