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Viande/Acquisition Saveurs occitanes (ex-Spanghero) vise l’équilibre dès le premier exercice

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Le tribunal de commerce de Carcassonne a accepté le 5 juillet l'offre de reprise des actifs de l’entreprise de la société Spanghero, en liquidation judiciaire, par un groupe de trois investisseurs dont l’ancien fondateur Laurent Spanghero associant également une PME locale de viande et bénéficiant du soutien de la région. Ils vont créer tout prochainement une nouvelle société par actions simplifiées, Saveurs occitanes, qui selon Didier Jug, directeur général délégué d’Investeam, dispose des disponibilités financières « confortables » pour engager le redressement de la société et viser l’équilibre dès le premier exercice, à condition de réussir le développement commercial

La seule offre encore en lice pour le rachat de la SAS Spanghero a été validée le vendredi 5 juillet par les juges consulaires de Carcassonne, évitant la disparition de la société, et donnera naissance à la future société qui s’appellera Saveurs occitanes. Elle sera présidée par Laurent Spanghero. Le tour de table retenu réunit ce dernier, un promoteur immobilier, Jacques Blanc, et Investeam, qui commercialise en France des fonds de gestion d’actifs auprès d’investisseurs institutionnels et créera une société totalement dédiée à cette opération, Investeam Participation 1. Les trois partenaires apporteront chacun 491 000 euros, auxquels s’ajouteront 50 000 euros apportés par la Sarl, Les producteurs du Lauragais.
Ces apports seront confortés par une aide de la région de près de 600 000 euros (6 200 euros par emploi sauvegardé, soit 90 sur 240), au titre du maintien de l’emploi et qui seront des quasi fonds propres. Des crédits bancaires ou fournisseurs ainsi que le recours à un factor (GE Factofrance) totaliseront près de 3,6 millions d’euros. « Cela nous assure des ressources de près de 5,6 millions, soit trois fois le besoin en fonds de roulement », explique Didier Jug. Il évalue le BFR à 1,6 million pour l’année en cours, 1,9 million pour 2014 et 2,0 millions en 2015. Les prévisions de chiffre d’affaires pour ces trois années sont respectivement de 28, 29 et 30 millions d’euros, réalisé pour un tiers par les plats cuisinés et le reste par la viande piécée. La marge nette devrait se situer à 4% en 2013 et 2014, puis à 2% en 2015, car la société sera alors soumise à l’impôt. « Ces chiffres sont ceux présentés au tribunal, avant la date limite du 27 juin, soit la veille du jour où Lidl a annoncé le non renouvellement de son contrat d’achat, soit 50% du chiffre d’affaires », précise toutefois Didier Jug.
Cet élément nouveau va sans doute inciter les futurs dirigeants de la société à retourner vers les organismes de crédit bail pour obtenir un nouvel échelonnement de celui-ci qui pèse encore 10 millions d’euros. L’accord initial avait permis un étalement sur 22 ans. L’autre tâche sera de reconquérir la clientèle.
 
Qualité et innovation en faveur du développement commercial
Dans l’immédiat, les repreneurs doivent devenir officiellement propriétaires du site pour rouvrir l’usine, redemander les autorisations sanitaires adéquates, recruter un directeur général et un directeur financier. Ils auront pour lourde tâche de faire revenir des clients, « ce qui n’est pas encore gagné », car l’usine ne produit plus et sa réputation a été largement affectée. Les repreneurs ont cependant bon espoir « en s’appuyant sur la qualité des produits, l’innovation et une gouvernance exemplaire ». La nouvelle société veut mettre en avant la carte du terroir et de la région, gage d’une plus grande traçabilité et de qualité. L’activité négoce qui avait été à l’origine du scandale de la viande de cheval est abandonnée. « Cette démarche vise à séduire les grandes enseignes du quart sud-ouest, mais le développement commercial doit se faire également au-delà de ce territoire ». L’autre axe de développement se fera sur l’innovation. Un accord a été conclu ave Gilles Goujon, chef triplement étoilé qui proposera de nouvelles recettes. Sa première réalisation sera des tomates farcies, avec des fruits produits localement. Des projets existent pour une production de cassoulet frais et non plus seulement en conserve. Est également en projet le développement de produits à base de protéines végétales, en s’appuyant sur la société Nutrimat appartenant à Laurent Spanghero. Elle est spécialisée dans les plats cuisinés à base de céréales et de légumineuses qui pourra apporter sa clientèle. Les promoteurs de ce projet ont également à cœur « d’organiser une gouvernance sans concession sur le respect des normes sanitaires et d’hygiène, tendue vers la perfection à tous les stades de la production pour ne pas retomber dans les dérives du passé », affirme Didier Jug. Il prévoit le redémarrage réel pour le 1er août, l’outil industriel remis à neuf entre 2007 et 2009 n’attendant plus que les actes de transfert de propriété soient effectifs.

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