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Scandale Lactalis : reprise partielle de l’usine de Craon sans commercialisation

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L’usine Lactalis impliquée dans le scandale du lait contaminé aux salmonelles a repris partiellement ses fabrications. Cela a provoqué la colère de l’association des victimes qui espérait profiter du projet de loi Egalim pour se faire entendre.

L’usine Lactalis de Craon, impliquée dans le scandale du lait infantile contaminé aux salmonelles, est autorisée à reprendre partiellement ses activités « sous contrôle officiel des services de l’État » et sans commercialisation des produits, nous apprend un communiqué de presse du ministère de l’Agriculture du 31 mai.

La reprise des fabrications portera uniquement sur la poudre de lait destinée à l’adulte. De plus, « tous les produits actuellement fabriqués sont consignés et ne pourront être mis sur le marché qu’avec l’autorisation des services de l’État », insiste le ministère. En effet, cette première phase de reprise de fabrication a pour objectif de vérifier l’efficacité des mesures correctives mises en place par Lactalis pour éviter tout nouveau risque de contamination.

Ainsi, la tour de séchage numéro 1, incriminée dans les différents cas de contaminations aux salmonelles, est condamnée et le reste des installations a été réorganisé. À cette annonce, l’Association des familles de victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS) se dit « offusquée d’une telle décision » dans un communiqué de presse du 31 mai. En effet, pour l’AFVLCS « l’État semble avoir cédé à la pression de Lactalis » alors « qu’aucune explication officielle n’a été donnée sur les causes de la contamination aux salmonelles. »

« Pas de rapport sans suite »

L’affaire Lactalis a également fait irruption lors des débats en séance publique du projet de loi Egalim. En effet, l’AFVLCS souhaitait profiter de l’occasion pour inscrire dans la loi diverses mesures permettant qui visaient notamment le renforcement des sanctions et l’obligation de signalement d’autocontrôles positifs pour les laboratoires.

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Dans ce sens, le rapporteur de la commission d’enquête dite « Lactalis », Grégory Besson-Moreau (LREM) avait déposé une série d’amendements, écrits par l’association. Mais, ne voulant pas « mettre la charrue avant les bœufs », il a pris la décision de les retirer et d’attendre les conclusions de la commission d’enquête. Néanmoins, le député de l’Aube, certifie qu’un rapport sera publié mi-juillet et qu’il ne sera « pas sans suite ».

Ainsi, « deux possibilités validées par le ministère » sont envisageables. Soit, si le calendrier législatif permet « de travailler sur le fond » alors le député de la majorité déposera de nouveaux amendements lors de la seconde lecture du projet de loi Egalim. Soit, par manque de temps et « s’il y a trop de réticences des ministères », « une proposition de loi sera faite dans l’année ».

La décision de retirer les amendements en première lecture a fait réagir les associations de consommateurs. Ainsi, l’association Foodwatch, dans un communiqué de presse du 29 mai, déplore que le projet de loi « peine à marquer un virage vers plus de transparence pour contribuer à restaurer la confiance des consommateurs. » Dans le même sens, Quentin Guillemain, président de l’association des victimes du scandale Lactalis, regrette « le silence assourdissant sur les conséquences de cette affaire ».

« Tous les produits actuellement fabriqués sont consignés et ne pourront être mis sur le marché qu’avec l’autorisation des services de l’État »

« Une proposition de loi sera faite dans l’année »