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La revue scientifique américaine, Nature, qui consacre un dossier aux OGM estime, dans un éditorial, que la recherche dans ce domaine doit maintenant être conduite par les instituts publics si l’on veut véritablement en retirer les bénéfices promis. Qu’une revue d’outre-Atlantique, non suspecte de positions anti-OGM, affirme que les Etats doivent reprendre la main sur le sujet est particulièrement intéressant. Cela signifie trois choses : que cette technologie ne doit pas être remise en cause, bien au contraire ; que les réalisations auxquelles elle a donné lieu jusqu’à présent ne répondent pas véritablement aux promesses faites à la société ; c’est aux scientifiques indépendants de reprendre la main.
Cette attitude peut donner à réfléchir, au moment où paraît un autre rapport US reprochant à l’Europe d’être hostile aux OGM, à la veille de négociations entre les deux régions. Négociations à l’occasion desquelles nos amis américains aimeraient bien voir s’ouvrir les portes de l’Europe aux OGM d’outre-Atlantique.
La primauté aux scientifiques : telle était, également, la position des agriculteurs multiplicateurs de semences le 2 mai à l’occasion d’une conférence de presse. Le sujet : l’interdiction prévue de trois produits phytos majeurs, de la classe des nicotinoïdes. Ces agriculteurs, dont les productions dépendent de la pollinisation et des abeilles mais aussi de l’emploi de ces phytos, sont catégoriques : si ces produits sont effectivement dangereux pour les abeilles, il faut les interdire. Mais a-t-on vraiment prouvé qu’ils sont une des causes de la mortalité des abeilles ? Et de se demander si la décision européenne n’est pas tout simplement politique, destinée à satisfaire les écologistes ou l’opinion publique.
La politique consiste moins à satisfaire tel ou tel qu’à prendre les bonnes décisions. Les scientifiques sont souvent de bon conseil pour cela.
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