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SDHI : Générations futures alerte sur l’exposition au Boscalid

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L’association alerte sur les dangers de l’exposition au Boscalid, le produit SDHI le plus utilisé en France. Pour son l’entreprise productrice, BASF, « il ne présente pas de risques pour les consommateurs ».

Générations futures a mis en garde dans un communiqué de presse publié le 24 avril contre « l’exposition importante de la population au fongicide SDHI le plus utilisé : le Boscalid ». Une alerte qui vient après la publication la semaine dernière d’une tribune rédigée par des médecins et chercheurs sur les effets possiblement cancérigènes des SDHI sur l’homme, une classe de fongicides très utilisée en agriculture. Le Boscalid était « le 8e pesticide le plus fréquemment quantifié » dans les eaux de surface en 2013 et le 12e dans les eaux souterraines, rappelle l’association en se basant sur une étude du commissariat général au développement durable.

De même, « le Boscalid est le résidu de pesticides le plus fréquemment quantifié dans les aliments au niveau européen » avec près de 6704 déterminations, dénonce l’association en mettant en avant les chiffres de l’Efsa. Elle indique également que cette substance est l’une des plus retrouvées parmi les résidus identifiés dans les tests réalisés par ses propres soins ces dernières années, notamment sur les fraises avec des traces retrouvées dans « 23 échantillons sur 49, soit 46,9 % du total » ou dans les salades.

Attaque « sans aucun fondement scientifique » selon BASF

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Produit par BASF, le Boscalid est présent dans « une douzaine de spécialités commerciales » utilisées aussi bien en grandes cultures que sur certains fruits et légumes. L’entreprise a réagi dans un communiqué de presse, le 25 avril, en indiquant qu’il n’y avait « aucun fondement scientifique dans l’attaque de Générations Futures ». « Il n’y a aucunes données scientifiques nouvelles permettant de remettre en cause la sécurité des SDHI », insiste l’entreprise qui rappelle que « les produits issus de cette famille de fongicides, dans le cas où ils seraient absorbés par l’organisme, se dégradent largement chez les mammifères en métabolites qui ne présentent plus ces effets et sont rapidement éliminés ».

Concernant le Boscalid autorisé dans l’UE depuis 2008 (son autorisation de mise sur le marché expire le 31 juillet 2018), l’entreprise précise que l’étude EAT2 de l’Anses sur les denrées alimentaires analysées entre 2006 et 2010 montrait que « l’exposition au Boscalid n’excède pas 0,5 % de la dose journalière admissible » fixée à 0,04mg/kg de poids corporel/jour pour cette substance. Pour les analyses des denrées alimentaires, BASF rappelle que « présence ne signifie pas danger et impact sur la santé » et relève « qu’aucune analyse ne fait état d’un dépassement de LMR (Limite Maximale de Résidus autorisés) ».

Générations futures demande que la France « s’oppose à la réhomologation » du Boscalid. Elle renouvelle également sa demande à l’Anses de « suspendre immédiatement les autorisations de mise en marché des produits contenant du Boscalid et autres SDHI » et souhaite que la France fasse usage d’une clause de sauvegarde au niveau européen « pour faire obstacle à l’entrée d’aliments traités avec des substances de cette famille chimique ».

Accusant l’association de vouloir « faire l’actualité à partir de rien », l’entreprise précise qu’elle a déposé la demande de réhomologation du produit en janvier 2016, une demande qui aurait pris du retard. « BASF est confiant sur la solidité des données fournies dans le dossier de renouvellement et sur le prolongement du délai d’approbation de la molécule », indique-t-elle à la fin de son communiqué.