Le développement durable, concrètement, c’est possible. Voilà le message qu’ont souhaité faire passer les dirigeants de Coop de France métiers du grain, lors de leur assemblée de section, le 13 novembre à Paris. Trois représentants de coopératives sont venus partager leur expérience avec la salle.
«Nous avons été parmi les premiers à nous lancer en France », a expliqué Ludovic Spiers, directeur général délégué d’Agrial et directeur général d’Union Set, lors de la table ronde organisée par Coop de France métiers du grain à l’occasion de son assemblée de section, le 13 novembre à Paris. La coopérative a entamé ses réflexions en 2005. « Comme tout le monde, nous étions habitués au business plan à 3 ans, a signalé Ludovic Spiers. Nous avons relevé la tête et nous nous sommes aperçus que le développement durable était nécessaire. » Dans un premier temps, le groupe a limité son champ d’action à la coopérative, sans ses filiales. Et il s’est aperçu qu’il répondait déjà à beaucoup de critères. Même son de cloche chez Euroluz : « Nous faisions du développement durable sans le savoir ! », a résumé Benoît Lampson, président de groupe, qui a commencé à réfléchir à ces questions en 2003. Chez Agralys, c’est une véritable prise de conscience qui a eu lieu. « Nous sommes confrontés à une hausse de la population périurbaine en Ile de France et en Eure-et-Loir, a signalé Jean-François Isambert, vice-président de la coop. Si nous voulions pouvoir continuer à travailler sereinement, il fallait que nous fassions du développement durable. »
Composer en fonction de ses forces et faiblesses
Facile, le développement durable, alors ? Il n’existe en tout cas pas de recette miracle. A chacun ses points forts et ses points faibles. Chez Euroluz, une des priorités a consisté à pérenniser les emplois saisonniers créés par l’activité de déshydratation de la luzerne. La coop s’est lancée dans le granulé de bois en favorisant la mise en place de cultures de miscanthus et de taillis à très courte rotation. Un pari risqué, mais que le groupe compte bien relever malgré la hausse des prix des produits issus de scierie. Agrial a pour sa part choisi très vite de former ses salariés au développement durable. « Nous nous sommes aperçus qu’ils étaient très motivés, mais que leur niveau de connaissance en environnement était très faible », a remarqué Ludovic Spiers. Un moyen de relever le débat à l’intérieur de l’entreprise, qui s’attaque aujourd’hui à ses filiales. Agralys s’est investi dans la production : plus d’un hectare sur deux fait aujourd’hui l’objet d’un conseil précis en azote, un hectare sur trois est traité avec du trichogramme contre la pyrale du maïs. La coop s’est également lancé dans la diffusion d’un document explicatif, destiné aux agriculteurs, mais aussi à leurs familles ou aux acheteurs. « Entre pacte écologique et course au productivisme, nous nous sommes aperçus qu’il existait une voie médiane : le développement durable », a résumé Jean-François Isambert.
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Fenêtre de tir
Pour Ludovic Spiers, il existe une fenêtre de tir que le développement durable ne doit pas rater. « Nous sortons d’une période où l’on nous a demandé de produire moins, a-t-il expliqué. Il vaut mieux que nous passions maintenant du temps à produire mieux, car après nous n’aurons plus le temps ! ». Conscient que le développement durable devient un enjeu crucial, dont l’importance a grandi avec le Grenelle de l’environnement, Coop de France travaille sur la mise au point d’indicateurs avec l’Ademe et l’Afnor. Un outil d’auto-évaluation des coopératives devrait être opérationnel à partir de fin 2008. L’élaboration d’une grille de notation va également commencer au premier semestre 2008. Elle devrait être finalisée au premier semestre 2009. Reste à trouver un moyen « durable » de motiver les différents acteurs de la société. Comme l’a souligné Jacques Dedieu, qui travaille ces sujets au ministère de l’Agriculture, « quand on a une catastrophe écologique, cela permet d’accroître le PIB. Il faudrait donc que les risques se traduisent par un appauvrissement de la société. »