Le gouvernement a annoncé que le plan CASI d’aide d’urgence face à la sécheresse historique de cet été aura « quelques jours » de retard. Un délai dû à des « concertations entre les ministères ». Pour la suite, le Premier ministre a d’ores et déjà promis un second plan, de « relance » cette fois.
Initialement prévue jeudi 3 septembre, la présentation du plan d’aide d’urgence CASI (canicules, sécheresse, incendies) a été « décalée de quelques jours », a indiqué le ministère de l’Agriculture le 2 septembre. « Les montants étant conséquents, nous avons besoin de quelques jours en plus de concertations entre les ministères », a précisé l’entourage d’Annie Genevard dans un message à la presse. « On comprend qu’il y a du mouvement entre Matignon et le ministère de l’Agriculture », a ajouté de son côté Arnaud Rousseau en conférence de presse le même jour. Aux yeux du président de la FNSEA, il est impératif que ce retard n’atteigne pas « plusieurs semaines ». « Nous avons rendez-vous avec le Premier ministre le 8 septembre (mardi, NDLR). Nous avons besoin que les annonces soient faites avant », a-t-il précisé. Et de rappeler que « c’est maintenant que les agriculteurs prennent leurs décisions » concernant l’assolement ou le maintien des cheptels. De leur côté, les JA ont déploré dans un communiqué « un signal particulièrement négatif adressé au monde agricole ».
« Besoin urgent » pour 10 % des fermes
Le plan CASI avait été annoncé fin juillet face à la sécheresse et aux canicules historiques de cet été. En août, la ministre de l’Agriculture avait annoncé qu’il comprendra notamment des aides à la trésorerie « à la main des préfets », « plusieurs centaines de millions d’euros » d’ISN (indemnité de solidarité nationale, dans le cadre de l’assurance récolte), ainsi que d’autres dispositifs d’aide.
Lors d’un brief à la presse le 28 août, la Rue de Varenne avait estimé que « 30 à 35 000 exploitations sont en besoin urgent d’une aide forte », soit environ 10 % des exploitations françaises (350 000 fermes, en excluant les micro-exploitations). Un chiffre issu des remontées des préfets de région, réunis la veille par Annie Genevard en vue de préparer le plan d’aide ; une nouvelle réunion des préfets était prévue le 3 septembre, maintenue malgré le décalage de la présentation du plan. « Dans une large majorité des régions, les difficultés concernent plus de 20 % des exploitations », a précisé l’entourage de la ministre de l’Agriculture dans un message à la presse. Et, « dans les régions ayant chiffré les besoins, ceux-ci dépassent généralement 10 000 € par exploitation ».
Renforcement de l’aide psychologique
Par ailleurs, le cabinet d’Annie Genevard a indiqué que les cellules d’aide psychologique des préfectures et des MSA ont été « renforcées », ainsi que les cellules Réagir (chambres d’agriculture). Ce qui passe par notamment « plus de sentinelles » et des permanences « délocalisées hors des préfectures ». Quant au coordinateur interministériel sur le mal-être en agriculture, Olivier Damaisin, il a été « missionné par la ministre pour tenir des réunions dans chaque préfecture de région avant le 1er octobre ».
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Devant la presse, le cabinet de la ministre a décrit « une crise sérieuse », aux impacts « très lourds ». Le ministère a confirmé les productions les plus affectées par la sécheresse : maraîchage, arboriculture, grandes cultures (maïs, légumes de plein champ) et fourrages. Interrogé sur le manque de disponibilité de fruits et de légumes dans les grandes surfaces, le ministère a écarté tout risque de pénurie. « Il n’y a pas d’envolée des prix dans les rayons de façon générale », même s’il y a bien « des tensions sur les salades, tomates et concombres ».
« Plan de relance pour 2027 »
Après le plan d’urgence se dessine déjà un second plan de soutien, davantage consacré au long terme. Dans un entretien accordé au Parisien le 30 août, Sébastien Lecornu a ainsi promis « un plan de relance pour 2027 », qui suivra le « plan de soutien et de sauvetage » pour aider les agriculteurs à « passer l’hiver ». « L’agriculture, c’est mon dossier numéro un de la rentrée. Il faut agir et vite », a déclaré le Premier ministre. « La ministre Annie Genevard a démarré les consultations, je vais m’y impliquer à ses côtés. On va faire du sur-mesure. Ces dispositions seront dans le budget 2027 », a-t-il ajouté.
Le chef du gouvernement a par ailleurs annoncé le prolongement des aides à l’achat de carburant, pour « les filières impactées et les travailleurs les plus modestes ». Les modalités de cette reconduction n’ont pas été précisées. À l’issue du Conseil des ministres le 24 août, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait indiqué que l’exécutif « travaill[ait] à une reconduction » des aides pour les secteurs les plus exposés à la hausse des prix du carburant. Les aides destinées aux secteurs les plus exposés, que sont l’agriculture, la pêche, le BTP et le transport expiraient le 31 août. La porte-parole du gouvernement avait assuré : « Nous ne laisserons aucun secteur sur le carreau. »
MR, YG