Dans un rapport publié le 12 avril, une mission interministérielle constate une « prise de conscience » qui « appelle un changement radical dans nos modes de gestion de l’eau et nos pratiques ». L’administration formule 18 recommandations destinées à mieux connaître l’étendue du problème, anticiper et informer. Les auteurs s’attaquent notamment à l’épineuse question de la sobriété, rappelant l’objectif d’une réduction de 10 % des prélèvements d’ici 2024 – un objectif désormais repoussé à 2030 par le président Emmanuel Macron lors de la présentation récente du Plan eau. « La mission recommande aux ministères en charge de chaque filière d’inviter les acteurs à élaborer des feuilles de route nationales d’économies d’eau ». Concernant l’agriculture, à l’origine de 58 % de la consommation nationale d’eau pour irriguer les cultures ou abreuver les bêtes, la mission estime que « la récurrence des sécheresses met en lumière la fragilité de notre modèle agricole et l’impérieuse nécessité d’un effort collectif massif pour en accélérer la transformation ».
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Un chantier « nécessite un peu plus de temps », celui d’un éventuel durcissement des sanctions « en cas de non-respect des arrêtés interdisant l’irrigation par exemple », a déclaré M. Béchu dans la presse, notant que ces arrêtés, l’été dernier, « n’ont pas toujours [été] suivis d’effets ou d’amendes » chez les contrevenants. La mission interministérielle met en avant « le faible effet dissuasif des amendes au regard notamment des délais de mise en œuvre des sanctions pénales et de la valeur des récoltes dans le cas des agriculteurs irrigants ». Et d’illustrer : « Même une contravention de classe 5 pèse peu face prix de marché des céréales, particulièrement en cas de pénurie ». Surtout vu le « faible taux de sanctions effectivement prononcées par la justice lorsque des procédures pénales sont enclenchées ». Dans l’agriculture, « les acteurs ne prennent pas tous le chemin de la sobriété », a regretté le ministre.