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Sécurité alimentaire : Bruxelles met en doute la « fiabilité » des exportations polonaises de viande bovine

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Un très sérieux avertissement est lancé par Bruxelles à la Pologne après la découverte d’une fraude à la viande bovine dans un abattoir. Les experts européens ont constaté sur place des manquements qui « affectent la fiabilité des exportations » de cet État membre. Un plan d’action urgent est réclamé à Varsovie.

La direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la Commission européenne a fait part à la Pologne des « sérieuses inquiétudes » que soulèvent les constatations des experts qu’elle a dépêchés sur place du 4 au 8 février suite à la récente fraude à la viande bovine issue d’animaux malades découverte dans un abattoir (1). « Le plus préoccupant », c’est que les manquements constatés peuvent non seulement s’appliquer à cet établissement « mais aussi à d’autres abattoirs dans la même région ou même dans l’ensemble de la Pologne », avertit-elle dans un courrier très sévère adressé au chef des services vétérinaires de cet État membre, Pawel Niemczuk. « Cela affecte la fiabilité des exportations de viande bovine de la Pologne », conclut-elle, avant de demander à Varsovie de lui présenter en urgence un « plan d’action ».

Sérieux problèmes de traçabilité

Selon les conclusions préliminaires de l’audit européen, il n’est pas évident que les autorités polonaises puissent assurer que des violations des règles mettant en danger la santé publique n’ont pas eu lieu avant le 10 janvier dans l’abattoir concerné.

Des « incohérences » ont été constatées dans les enregistrements lorsqu’on compare les résultats des inspections ante-mortem et post-mortem, ainsi que des utilisations douteuses de la marque de salubrité.

Mais surtout, les experts de la Commission soulignent des « manquements dans le fonctionnement et l’utilisation de la base de données nationale sur le cheptel bovin ». Ce qui « affecte sérieusement la traçabilité des animaux », avertissent-ils, ajoutant que, de plus, « dans un de deux abattoirs visités, il a été découvert que le vétérinaire désigné n’avait pas accès à la base de données ».

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La question se pose donc de savoir si ces manquements sont limités à l’établissement concerné.

Nécessité d’un « plan d’action » urgent

Le « plan d’action » urgent réclamé par Bruxelles à Varsovie inclut des mesures correctives « immédiates » (un mois) dans les abattoirs pour les vaches de réforme (audit de tous ces établissements…), ainsi que des dispositions à moyen terme (3 mois) du même type dans les autres abattoirs de bovins utilisant une approche basée sur le risque (par exemple des non-conformités dans le passé).

Enfin, il est demandé aux services polonais d’assurer que tous les abattoirs qui ne sont pas en conformité avec la législation sont empêchés de mettre la viande sur le marché tant que des actions correctives n’ont pas été menées à leur terme.

(1) Voir n° 3679 du 11/02/19