Alors que la pandémie de Covid-19 a montré la fragilité des systèmes agroalimentaires, la FAO appelle dans son dernier rapport sur « La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture » à renforcer leur résilience afin de disposer des structures organisationnelles et logistiques adéquates pour absorber efficacement les prochains chocs.
Fragilisés par la pandémie de Covid-19, les systèmes agroalimentaires doivent dorénavant mieux se préparer afin d’absorber efficacement de futurs chocs imprévisibles (phénomènes climatiques extrêmes, conflits armés, hausse des cours mondiaux des denrées alimentaires, épidémies ou encore infestations d’organismes nuisibles touchant les végétaux et les animaux) qui en l’absence de réaction continueront de les affaiblir, indique la FAO dans son rapport sur « La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture » publié le 23 novembre. L’agence onusienne dénombre déjà quelque trois milliards de personnes vivant en insécurité alimentaire aiguë. À ce chiffre, « il faut ajouter un milliard de personnes qui risqueraient de rejoindre leurs rangs si un choc venait à les priver d’un tiers de leurs revenus ».
Quatre indicateurs
Pour analyser la capacité de résilience des systèmes agroalimentaires à l’échelle nationale, la FAO a mis en place une série d’indicateurs liés à quatre éléments clés : la production domestique des pays, les réseaux de transport, les flux commerciaux et la disponibilité d’une alimentation saine et variée. Sans surprise, les pays à faible revenu se trouvent dans une situation plus vulnérable que les autres, mais aussi – et c’est un point plus surprenant – les pays à revenu intermédiaire. Le rapport prend l’exemple du Brésil qui réalise notamment 60 % de la valeur de ses exportations avec un seul partenaire commercial. « Il a donc peu de marge de manœuvre lorsqu’un choc frappe l’un de ses partenaires », prévient la FAO. Même des pays à revenu élevé tels que l’Australie et le Canada ne sont pas à l’abri d’un choc en raison des longues distances qu’il faut parcourir afin d’assurer la distribution des produits alimentaires. De cette analyse, la FAO a observé que pour près de la moitié des pays analysés (une centaine), la fermeture de liaisons de transport d’importance critique augmenterait de 20 % au moins le temps de trajet, ce qui se traduirait par une hausse des coûts et des prix des aliments pour les consommateurs, pour près de 845 millions de personnes. Selon le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, « ces nouveaux indicateurs aideront ainsi tous les pays à évaluer la capacité de résilience de leurs systèmes agroalimentaires et à cerner les lacunes et les possibilités d’amélioration ».
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En raison de la hausse de la fréquence et de la gravité des chocs, la FAO recommande aux institutions gouvernementales de renforcer instamment la résilience des systèmes agroalimentaires en misant miser sur la diversification des sources d’intrants, de la production, des marchés et des chaînes d’approvisionnement. Elle ajoute que des réseaux agroalimentaires bien connectés se relèvent plus rapidement en cas de chocs en modifiant les sources d’approvisionnement et les réseaux utilisés pour le transport, la commercialisation, les intrants et la main-d’œuvre.