Si le nombre de personnes sous-alimentées devrait continuer de reculer dans les dix prochaines années, il sera difficile d’éradiquer totalement la faim dans le monde d’ici 2030, conclut une étude de l’OCDE. L’Amérique du Sud, les Caraïbes et certains grands pays d’Asie devraient éradiquer la sous-alimentation mais pas l’Afrique subsaharienne. L’étude souligne que l’amélioration de la productivité agricole dans les pays en développement a plus d’impact sur la sécurité alimentaire que la hausse des revenus. Le commerce a néanmoins un rôle important à jouer.
Dans une étude sur l’impact du commerce et de la croissance économique sur la sécurité alimentaire, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) estime que l’objectif d’élimination de la faim d’ici 2030 ne sera pas atteint partout dans le monde. Dans un scénario moyen reposant sur un niveau de croissance mondial dans la lignée de celui des dernières années, le nombre de personnes souffrant de la faim devrait reculer de 3 points (de 11 % à 8 %) au cours des dix prochaines années, ce qui permettra à des régions comme l’Amérique latine et les Caraïbes, ainsi qu’à l’Indonésie et la Thaïlande, de passer sous le seuil de 5 % de sous-alimentation en deçà duquel on estime que la faim est effectivement éradiquée. Dans le détail, la sous-alimentation passerait de 12 % à 8 % en Asie et dans le Pacifique, et de 23 % à 19 % en Afrique subsaharienne. Le nombre total de personnes souffrant de sous-alimentation diminuerait ainsi de 788 millions à 636 millions d’ici 2024.
D’ici 2024, la consommation mondiale de calories provenant des cultures et des produits de l’élevage augmentera de respectivement de 14 % et 15 % principalement du fait de la hausse de la population mondiale. Les niveaux de consommation par habitant des cultures et du bétail augmenteront quand même respectivement de 4 % et de 5 %. Les pays en développement représentant 96 % de la consommation supplémentaire de produits végétaux et 88 % pour les produits d’élevage.
Productivité agricole plutôt que revenus
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L’OCDE assure que le commerce contribue à la sécurité alimentaire des pays en faisant passer la production des pays excédentaires vers les pays déficitaires. Dans la plupart des pays en développement, ce sont d’ailleurs les importations qui vont participer le plus fortement à répondre à la hausse de la demande.
Pourtant, globalement, une augmentation de la croissance de la productivité agricole a un impact plus important qu’une augmentation équivalente des revenus globaux, constatent les auteurs de l’étude. Ainsi, dans les pays en développement, avec une croissance économique de 1 % par an, la sous-alimentation reculerait de 0,5 % alors qu’une hausse de la productivité agricole de 1 % entraînerait un recul de la sous-alimentation de 0,8 %. Par exemple, une augmentation annuelle de 1 % de la productivité agricole permettrait au Nigeria, au Pérou et à la Chine de rejoindre les rangs des pays où la sous-alimentation est inférieure au seuil de 5 %, ce qui ne serait pas le cas avec une hausse de 1 % des revenus. Mais la hausse combinée de la productivité et des revenus permet une addition des gains. Malheureusement, pour certains pays, en particulier en Afrique subsaharienne, l’importance de la sous-alimentation est actuellement si sévère que des mesures plus drastiques doivent être prises pour améliorer l’accès à la nourriture des plus pauvres, conclut l’étude.