Pour la première fois, les organisations citoyennes souhaitant l’avènement d’une sécurité sociale de l’alimentation se sont rassemblées officiellement à l’échelon national.
Le premier « Forum des initiatives inspirées de la Sécurité sociale de l’alimentation » a réuni à Paris le 23 juin le Réseau Civam, Vrac France (associations d’achat en commun) et une cinquantaine de caisses communes territoriales, dans l’objectif de défendre la « démocratie alimentaire ». Cet événement soutenu par la Fondation Daniel et Nina Carasso, la Fondation de France et le Programme National de l’Alimentation, a permis à plus de 200 participants d’échanger sur les modalités de fonctionnement des caisses (cotisations, allocations, conventionnement des agriculteurs et commerces).
Ils ont ainsi lancé une dynamique, le but ultime de leur réseau étant d’aboutir à la fondation d’une «véritable Sécurité sociale de l’alimentation», qui s'appuierai sur des principes «d’universalité et de cotisation sociale et de choix démocratique des produits conventionnés», comme le rappelle le dossier de presse distribué à l’occasion.
60 milliards d’argent public
« La connaissance de cause permet des choix éclairés », explique Nicolas Verzotti, président du réseau Civam. « Nous, Civam, nous employons à caractériser la durabilité agricole et alimentaire sans parti pris, a-t-il assuré, pourvu que des fondamentaux comme la biodiversité et la qualité des eaux soient préservés. »
Se référant à l’ouvrage L’injuste prix de notre alimentation réalisé par les Civam, l’association des diabétiques, Solidarité Paysans et le Secours catholique, il considère que 60 milliards d’euros sont dépensés annuellement en soutiens publics au système alimentaire (financement restauration collective locale, PAC…) et pour la réparation des dommages causés par le système alimentaire (potabilisation de l’eau, aide alimentaire…) : « Un chèque en blanc sans aucune conditionnalité », regrette-t-il. « Notre projet a toutes les chances de percer sur le plan politique, pense Nicolas Verzotti, parce qu’il est potentiellement transpartisan, dans le sens où l’alimentation rassemble. On voit bien qu’une grande partie de la classe politique considère qu’elle a un effet positif sur la santé, et par ricochet sur l’agriculture ».
Pour l’heure, les caisses fonctionnent à plus ou moins grande échelle. La plus importante est celle de Montpellier, dans le cadre du projet « Territoires à VivreS », avec ses 900 participants qui cotisent chaque mois en fonction de leurs moyens (de 1 € à plus de 150 €) et reçoivent chacun 100 € mensuels à utiliser dans des lieux de distribution alimentaire choisis.