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Seederal veut marcher dans les pas de Tesla pour construire son tracteur électrique

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Le prototype de tracteur de Seederal devrait arriver dans les champs à l'été 2023. Crédits : © Seederal

  Deux ingénieurs travaillent à la mise au point d’un tracteur électrique de moyenne puissance, adapté aux exploitations européennes. Outre le fait de s’affranchir de la dépendance aux carburants fossiles et de contribuer à la décarbonation de l’agriculture, les concepteurs veulent innover dès la conception.

Remplacer un moteur thermique par un moteur électrique n’est pas la solution pour créer le tracteur électrique du futur. Il faut travailler sur l’ensemble de la conception, et notamment sur « une architecture de traction très différente du celle d’un tracteur traditionnel thermique », comme le souligne Arthur Rivoal, cofondateur de Seederal aux côtés d’Antoine Venet. Une démarche adoptée en son temps par les ingénieurs de Tesla pour aboutir à une voiture électrique conçue autour de ce nouveau mode de traction. Seederal, basé à Brest, se projette d’ores et déjà comme un constructeur de tracteurs car son projet contient « des éléments clés pour lesquels les tractoristes actuels ne sont pas outillés », selon Arthur Rivoal.

« Ce tracteur électrique aura une puissance de 160 chevaux, soit une puissance moyenne, et sera doté d’une grande autonomie équivalente à ce qu’on peut faire avec 200 litres de gazole », assure Arthur Rivoal. Tous les types de travaux agricoles sont réalisables avec cette puissance, dans des exploitations de polyculture, d’élevage ou des grandes cultures entre 70 ha et 250 ha.

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Lancement commercial prévu fin 2025

Avec ce nouveau tracteur, Seederal compte apporter sa contribution à la décarbonation de l’agriculture, et offrir une solution aux agriculteurs dans le cadre de la hausse des prix des énergies fossiles. Et les batteries, assez lourdes, sont un avantage puisqu’un tracteur a besoin de poids pour tracter des outils. Seederal imagine aussi que les agriculteurs pourraient s’affranchir de la dépendance vis-à-vis du réseau électrique en rechargeant les batteries grâce à l’électricité produite sur la ferme. « On peut même imaginer à l’avenir une rémunération de l’agriculteur pour équilibrer le réseau en déchargeant sa batterie pendant les heures de pointe », estime Antoine Venet. « Des avantages qui devraient se traduire par une économie de 30 à 40% pour l’agriculteur sur la durée de vie du tracteur », selon Seederal.

La start-up a prévu plusieurs vagues de prototypes avant de lancer la construction en série. « Nous avons prévu trois vagues de prototypes dont le premier sera prêt à évoluer dans les champs pour l’été 2023 », prévoit Arthur Rivoal. Fin 2025 ou début 2026, le lancement commercial est prévu. Un programme rendu possible pour une récente levée de fonds de série A annoncée en décembre 2022. Epopée Gestion (société d’investissement régionale), Breizh Up (fonds de la Région Bretagne géré par UI Gestion) et le club d’investisseurs  dédié à l’alimentation durable Jeriko ont apporté 1,2 million d’euros à cette occasion.