Le dispositif de l'écotaxe est suspendu sine die, annonce Ségolène Royal dans un communiqué du 9 octobre, à la sortie d'une réunion avec les responsables des fédérations professionnelles de transport routier. « Un groupe de travail de co-construction d'une solution se mettra en place, la semaine prochaine, avec toutes les parties prenantes », a-t-elle ajouté. Les organisations professionnelles, dont la FNSEA et les JA, ont exprimé leur soulagement.
FINI ou pas fini ? Après une phase rapide d'expérimentation et une nouvelle concertation avec les professionnels concernés, la ministre de l'Écologie Ségolène Royal s'est laissée convaincre, sans mal, de suspendre sine die l'écotaxe envisagée naguère par le Grenelle de l'environnement et conçue par le gouvernement Fillon. Elle préfère envisager un prélèvement sur les bénéfices des sociétés routières, comparant les quelques centaines de millions d'euros que rapporterait l'écotaxe aux 15 milliards d'euros de bénéfices réalisés par les sociétés d'autoroute, pour l'essentiel redistribués aux actionnaires. Et Ségolène Royal de remarquer que ces actionnaires sont principalement des constructeurs routiers qui bénéficieront de toute façon des travaux engagés grâce au financement des infrastructures routières.
ExpérimentationLa ministre privilégiait depuis longtemps une formule de ce type. La dernière concertation et l'expérimentation lui ont permis de constater que les entreprises routières et leurs commanditaires, alors même qu'elles sont dans une situation difficile, devraient revoir entièrement leur informatique logistique et équiper leurs camions d'instruments de repérage par les portiques installés. A cela s'ajoute le risque de pénaliser avant tout des secteurs qui, comme l'agriculture et l'agroalimentaire, transportent des produits lourds et volumineux, à faible valeur ajoutée. Il suffisait que les sociétés d'autoroute annoncent, quelques jours avant, leurs résultats financiers records pour que les routiers montent au créneau et envisagent une grève générale : sur 100 euros de péage aux autoroutes, explique Ségolène Royal, 22 euros passent dans la poche des actionnaires…
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Les réactions ont fusé dès l'après-midi du 9 octobre. Déceptions et critiques des écologistes mais surtout soulagement des milieux économiques. En particulier, la FNSEA, dans un communiqué intitulé « Point final ». « Pendant plus de deux ans, écrivent les centrales syndicales, de concertations en auditions et discussions, tous les arguments ont été dits et redits, et la patience s'usait au fur et à mesure que l'exaspération des agriculteurs grandissait. » Pour FNSEA et JA, aujourd'hui « le bon sens prévaut ». Une décision qu'elles « veulent croire définitive ».
AVANT même le vote de la loi sur la transition énergétique, la ministre de l'Écologie a dressé un bilan d'étape des différentes actions en cours, bon nombre d'entre elles ayant été lancées avant même d'être inscrites dans le cadre législatif. Ainsi, 293 communes ont annoncé leur intention de s'engager dans la démarche « zéro gaspillage, zéro déchet ». 80 restaurants ont mis en place une collecte séparée de leurs déchets permettant une réduction de 10% de leurs déchets alimentaires ; une grande société, Raboni/Paprec, a déployé un système de recyclage de déchets de chantiers, pour 150 000 tonnes traitées. En ce qui concerne les énergies renouvelables, la ministre a bien insisté : « Je ne veux pas opposer les énergies les unes aux autres ». « Ma priorité c'est l'emploi », conclut-elle.