L’accord trouvé le 3 juin ne fixe pas un prix assez élevé selon de nombreux producteurs, qui continuent donc à bloquer la laiterie de 3A à Saint-Mamet et celle de Lactalis à Riom-ès-Montagnes, dans le Cantal. Les industriels considèrent quant à eux qu’ils ont fait un effort important et que le niveau du prix du lait décidé la semaine dernière va leur poser de nombreux problèmes de compétitivité. Selon Lactalis, le troisième groupe laitier mondial, ce prix crée une distorsion de concurrence par rapport à celui pratiqué par nos voisins européens.
Malgré l’accord trouvé le 3 juin sur le prix du lait, les blocages d’usines continuent dans le Cantal. La laiterie de 3A à Saint-Mamet et celle de Lactalis à Riom-ès-Montagnes sont bloquées par les producteurs qui considèrent que le prix fixé est trop bas et exigent un prix de 305 euros minimum pour mille litres, contre 280 euros maximum selon l’accord. « La négociation a été conclue au niveau national, cet accord doit s’appliquer », affirme Luc Morelon, directeur de la communication de Lactalis, qui tient à souligner que le prix français est supérieur de 25 euros par rapport aux prix pratiqués par le Danemark, l’Allemagne du Nord ou la Hollande. « Ce prix nous crée un handicap de compétitivité et une distorsion de concurrence. Et la distribution risque d’être tentée de s’approvisionner dans d’autres pays. Mais nous ne remettons pas en cause l’accord. Les compromis ne sont jamais satisfaisants pour tous, mais permettent de sortir du blocage », poursuit-il.
Des salariés solidaires
Lactalis (9,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires ; + 8 %) attend pour le moment que la préfecture du Cantal agisse et applique la décision du tribunal de grande instance d’Aurillac qui a ordonné aux producteurs de libérer l’accès de l’usine, sous peine de pénalités de 300 euros par heure de retard. Ces derniers ont également saisi la justice pour que Lactalis reprenne la collecte de lait, en prétextant qu’ils ne bloquent pas la fabrication de fromages. L’entreprise estime quant à elle qu’elle ne peut pas faire rentrer du lait si elle ne peut rien fabriquer. Les salariés sont d’ailleurs solidaires de leur employeur. Mis au chômage partiel depuis vendredi dernier, ils refusent de procéder à la réception du lait et à sa transformation tant que l’ensemble du site n’est pas entièrement débloqué. « Il n’y a de toute manière pas d’engagements contractuels stricts nous imposant de réceptionner le lait », remarque Luc Morelon. Les salariés des laiteries de Saint-Mamet et de Riom-ès-Montagnes ont bloqué la RN 122 à Saint-Mamet et à Murat pour faire entendre leur position.
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Un coup dur pour Lactalis
Le blocage de son usine de Riom-ès-Montagnes, qui produit chaque année 8000 tonnes de bleu d’Auvergne et de Cantal, est un vrai coup dur pour Lactalis, qui traverse par ailleurs une conjoncture très difficile. En effet, Lactalis subit comme toute la profession la baisse du cours des coproduits laitiers. « Dans ce domaine, nous traversons une crise profonde. En avril, nous avons eu une petite lueur d’espoir, mais en mai le cours a encore chuté », déplore Luc Morelon.