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Volatilité Selon les producteurs de porcs, tout moyen de régulation des prix est bienvenu

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Tout moyen de régulation est bon à prendre pour faire face aux fortes fluctuations des prix, des matières premières, mais aussi de la viande porcine. C’est une des principales préoccupations de la Fédération nationale porcine (FNP), qui a tenu son assemblée générale le 8 juin à Paris.

Les éleveurs de porcins ne doivent négliger aucun outil de régulation pour faire face à la volatilité des prix, a indiqué Jean-Michel Serres, président de la FNP, concluant l’assemblée générale de sa fédération, où deux nouveaux outils de régulation ont été présentés.

Des livraisons différées, comme pour les céréales
Le premier de ces outils est la mise en place, depuis avril dernier, de livraisons différées par les producteurs aux abatteurs, par le groupement de producteurs Syproporcs en Bretagne. Les producteurs s’engagent sur un prix, pour livraison sur les prochains mois. Ainsi ils connaissent leur prix de vente.
Cette nouvelle méthode, inspirée des marchés céréaliers de gré à gré, ne doit pas éclipser le Marché du porc breton (MPB), a insisté Jean-Michel Serres. Dans l’esprit des dirigeants de la FNP, le MPB doit être soutenu, l’objectif étant que la cotation « soit plus représentative du marché ». A telle enseigne que la fédération porcine de la FNSEA a incité en 2010 les éleveurs du Grand Ouest à passer par le MPB, afin de dynamiser cet outil de commercialisation et de formation des prix. Mais, dans son rapport d’activité, elle juge la relance « insuffisante ».
Le second outil, proposé par le Snia (Syndicat national des industriels de l’alimentation animale), consiste pour les fabricants d’aliments du bétail à vendre les granulés à l’avance aux éleveurs, en écrêtant les pics et les creux de prix. Une façon supplémentaire de programmer les approvisionnements et leur prix.

Trouver des solutions à volatilité en 2011
Pour la Fédération nationale porcine, « il faudra trouver des solutions à la volatilité des prix en 2011 ». La contractualisation entre le monde animal et le secteur végétal a été annoncée par les céréaliers et les professionnels de l’élevage comme l’un des chantiers prioritaires de l’année 2011, rappelle-t-elle.
Déjà, la demande de la production a abouti à la proposition par les pouvoirs publics début avril d’un dispositif de répercussion du coût des matières premières dans les filières du porc, des volailles et des bovins. Le dispositif proposé consiste en un engagement volontaire des professionnels des filières (de l’élevage à la distribution) à renégocier leurs tarifs en cas de forte variation des prix de l’alimentation animale.
Il a été entériné le 3 mai par un accord signé par la majeure partie des opérateurs des filières viandes exceptée la FICT (Fédération française des industriels charcutier traiteurs) qui craint que la distribution ne respecte pas ses engagements. Pour sa part, la FNP attend « au plus vite » la publication des indicateurs par le ministère de l’Agriculture. « Même si le mécanisme n’est pas contraignant, il a le mérite d’exister et il serait intéressant de voir quel crédit apportera l’aval à ce papier auquel a été apposée sa signature », commente la FNP.
Par ailleurs, des propositions de contrats-types interfilières sont prévues pour courant juin 2011, rappelle-t-elle. Il s’agirait d’un ensemble de mesures permettant de lisser les cours et les prix, de gérer en partie la volatilité. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, aurait « prévu de convoquer l’ensemble des parties prenantes végétales et animales pour faire un point sur le dossier à la mi-juin ».
Cette chronologie et ces échéances sur la volatilité montrent l’étendue du chantier de la volatilité et que le débat est largement ouvert.

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