La Fnams (agriculteurs multiplicateurs de semences) a indiqué le 14 mai des plans de production majoritairement à la baisse. La bio est annoncée en hausse, en vue de la fin des systèmes dérogatoires.
Concernant les céréales à paille, les surfaces en multiplication affichent -5 % par rapport aux 136 000 ha de 2018. Une évolution liée à la baisse du taux d’utilisation de semences certifiées, selon le président Thomas Bourgeois. Les protéagineux restent « quasi-stables » (9 250 ha en 2018).
En fourragères, les plans de production chutent de 11,5 % (58 000 ha en 2018), plombés par les légumineuses à -20 % (40 800 ha l’an dernier). C’est le cas de la luzerne, après un gros plan de production qui conduit à réduire la voilure en 2019. À l’inverse, les graminées progressent de 7 % (13 350 ha en 2018).
Les betteraves semences, un secteur en pleine crise sucrière, sont attendues en retrait. Elles semblent limiter la casse, grâce à l’export, comparativement à la baisse des betteraves racines dans l’Hexagone, note la Fnams. En 2018, les surfaces en multiplication de betteraves ont atteint 5 900 ha. Les potagères montrent un recul de produits phare comme l’oignon, la carotte. A contrario, les légumes secs profitent d’un engouement pour les lentilles, pois chiches. Les surfaces en multiplication de potagères ont représenté 26 800 ha l’an dernier. S’agissant du maïs, 66 500 ha sont évoqués contre 62 500 ha en 2018 pour à la fois le maïs et le sorgho. La fédération avance des prévisions en oléagineux de 40 700 ha (19 000 ha de tournesol, 3 700 ha de soja, 17 800 ha de colza).
Le bio en croissance
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Une hausse de la production de semences biologiques est annoncée. Elles ont déjà bondi de 30 % en 2018, à 11 000 ha (5 600 ha de céréales à paille, 2 200 ha de fourragères, 800 ha de maïs et sorgho, 250 ha d’oléagineux, 300 ha de plants de pommes de terre, 830 ha de potagères et florales, 800 ha de protéagineux). Il s’agit d’« un vrai virage, lié à une volonté politique », considère le directeur technique Jean-Albert Fougereux. L’INAO propose en effet de mettre fin au système dérogatoire pour l’utilisation de semences à destination des agriculteurs bio. Depuis le 1er juillet, le blé et le triticale en sont sortis, et d’autres espèces vont suivre. Les plans de production de semences augmentent en conséquence.
Réduction des phytos
Autre « tournant », celui dans l’utilisation des phytos. Les multiplicateurs, les semenciers « nous poussent à s’intéresser aux alternatives », explique Jean-Albert Fougereux, parlant d’« une prise de conscience forte ». Et d’annoncer que la Fnams revoit son programme de recherche : il s’agit d’apprendre à produire avec moins de phytos ou carrément s’en passer. Trois sites d’expérimentation ont été lancés à l’automne pour explorer tous les leviers de l’agroécologie permettant de maîtriser les bioagresseurs et adventices. Une plateforme d’agroéquipement est par ailleurs à l’étude autour des problématiques de désherbage.
Les céréales à paille touchées par une moindre utilisation des semences certifiées