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Semences : l’innovation freinée par la réglementation, selon des professionnels

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L’innovation dans les semences est freinée par la réglementation, ont dénoncé le 5 mars des professionnels en amélioration des plantes et agronomie lors d’un colloque au Sénat.

Pour Franck Berger, vice-président de l’UFS (semenciers), le « cadre réglementaire ne correspond plus à l’état d’avancement de la science ». Celui-ci a été « pensé au milieu des années quatre-vingt, développé dans les années quatre-vingt-dix, sacralisé dans une directive en 2001 », faisant obstacle aux nouvelles techniques d’amélioration des plantes, dites NBT. Les semenciers réclament de tels outils qui « permettront de répondre plus rapidement et plus efficacement aux défis » actuels.

Laurent Rosso, DG de l’institut technique Terres Innovia, a exprimé le souhait que « l’amélioration végétale soit au rendez-vous très rapidement des transitions » dans l’agriculture. « On ne sait pas introduire durablement des légumineuses dans les systèmes de culture, parce qu’on n’a pas les variétés » nécessaires à un horizon de « moins de dix ans », a-t-il souligné. Et de pointer les lentilles du Canada, plus compétitives car issues des NBT et traitées au glyphosate, selon lui. Résultat, la production des agriculteurs français « leur reste sur les bras, parce que les conditions de vente sont celles imposées par les marchés canadiens », a-t-il déploré.

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Le sénateur Laurent Duplomb (LR, Haute-Loire), président du groupe d’études « Agriculture et alimentation » au Sénat, a clôturé ces Rencontres de l’UFS en annonçant vouloir défendre, dans le PLF (projet de loi de finances) 2021, un suramortissement pour guider les investissements permettant de réduire l’exposition aux aléas climatiques. Cela concerne la recherche de variétés résistantes au stress hydrique, a-t-il expliqué, mais aussi la construction de retenues d’eau. D’autres amendements sont visés par Laurent Duplomb, pour réduire l’usage de phytos grâce aux agroéquipements, améliorer la veille sur la santé et le bien-être des animaux. Tous avaient été recalés lors de l’examen du PLF 2020.

« Le cadre réglementaire ne correspond plus à l’état d’avancement de la science »