A trois semaines de l’examen du projet de loi sur les OGM en première lecture au Sénat, les professionnels des semences et de la protection des plantes ont fait part, lors d’un point presse tenu le 2 mars, de leurs desiderata et de leurs inquiétudes.
S’exprimant au nom des professionnels, Philippe Gracien – le directeur général du Gnis – s’est dit opposé à la publication de la liste des communes où sont pratiquées les expérimentations d’OGM. La politique de transparence mise en œuvre ces dernières années s’est soldée par la destruction de 40 à 60% des expérimentations a-t-il tenu à souligner.
De même, la divulgation au public d’informations permettant de localiser les agriculteurs utilisant des semences génétiquement modifiées, pour la culture, est jugé non souhaitable.
« Moins d’hectares expérimentaux en 2006 »
Les professionnels des semences et de la protection des plantes s’interrogent par ailleurs sur le fonctionnement de l’expertise socio-économique au sein du futur Conseil des biotechnologies, et redoutent des « lourdeurs » de gestion. Ils souhaitent que l’expertise socio-économique ne concerne que les dossiers présentant une innovation qui n’a jamais été étudiée.
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Quant au montant de la taxe devant abonder le futur fonds destiné à indemniser les agriculteurs victimes de contaminations transgéniques, « il ne faudrait pas qu’elle dépasse quelques euros » estime Philippe Gracien. Questionné sur une éventuelle participation financière des semenciers et des agrochimistes au fonds d’indemnisation – une possibilité qu’offre la loi –, le directeur général du GNIS n’a pas voulu se prononcer : « Pour l’instant, on n’a été saisi par personne, donc on n’en a pas débattu », a-t-il répondu.
Philippe Gracien s’est également déclaré incapable d’avancer une estimation du nombre d’hectares OGM qui seraient cultivés en France en 2006. Quant aux essais OGM, « il n’ya aura pas plus de surfaces qu’en 2005 ; je pense même qu’il y en aura moins », a-t-il indiqué.