Les agriculteurs français qui seraient tentés de planter des semences génétiquement modifiées au printemps 2007 doivent avoir conscience des risques qu’ils prennent, avertit la Confédération paysanne. Au-delà des menaces de fauchage, le syndicat considère que le vent a tourné en faveur des anti-OGM. Un moratoire est demandé avant les semis 2007.
« Si vous plantez des semences trangéniques, vous allez dans le mur ». La Confédération paysanne a adressé un message de mise en garde aux agriculteurs français, lors d’un point presse organisé le 23 janvier au siège du syndicat, à Bagnolet. « Ceux qui sont tentés de semer des OGM doivent avoir conscience que le contexte politique et scientifique a changé », a averti Olivier Keller, secrétaire national. Sur plusieurs plans. Celui de la justice, tout d’abord. Le syndicaliste met en avant plusieurs annulations d’autorisation d’essais en Conseil d’Etat ou en tribunal administratif, ou la relaxe de faucheurs volontaires en 2006. Au plan politique, ensuite. La prudence ou l’opposition manifestées à l’égard des OGM par un certain nombre de candidats à l’élection présidentielle conforte la Confédération paysanne dans son refus des plantes transgéniques.
Un moratoire avant le mois d’avril
Le syndicat appelle le gouvernement français à s’aligner sur la position de l’Autriche qui s’oppose à l’utilisation du maïs transgénique comportant l’évènement MON 810, et à profiter de l’année 2007 pour le faire. 2007 est en effet l’année de reévaluation des premières autorisations d’OGM accordées pour 10 ans en 1998. « Les variétés de maïs MON 810 sont les seules variétés commercialisées et cultivées aujourd’hui en Europe (…). L’interdiction de cet évènement reviendrait donc à court terme à interdire toute culture de maïs génétiquement modifié».
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D’ici là, seul un moratoire sur les cultures de maïs transgénique pris avant le mois d’avril 2007 peut permettre d’éviter la présence d’OGM dans des produits non génétiquement modifiés, estime Guy Kastler, membre de la Commission OGM à la Confédération paysanne.
Dans son combat, la Confédération paysanne table également sur la poursuite du travail de sensibilisation des parlementaires, au plan local et national, jusqu’aux élections législatives de juin 2007. Le syndicat n’exclut pas de recourir, comme en 2006, à la destruction de parcelles cultivées en maïs OGM. Pour la Confédération paysanne, la priorité doit aller au vote d’une loi de protection des systèmes agraires existants, et à la mise en place d’un moratoire sur les OGM.