La publication cette semaine par la direction de la concurrence et répression des fraudes d'un jugement de la cour d'appel de Paris, datant de plus d'un mois et condamnant certaines pra-tiques de la centrale d'achat Leclerc, n'est sans doute pas un fait anodin. A quelques semaines de la fin des négociations entre distributeurs et industriels, Bercy a visiblement voulu montrer qu'il restait vigilant au maintien de l'équilibre des relations entre les enseignes et leurs fournisseurs. Benoit Hamon, ministre délégué en charge de la consommation a surement encore en tête les déclarations faites en décembre dernier de Michel-Edouard Leclerc sur une radio nationale, évoquant la future loi de consommation, en seconde lecture actuellement au Sénat et déclarant qu'il «s'asseyait sur la législation quand elle est faite contre moi ». Des propos que le ministre avait vigoureusement condamnés dans l'après-midi même, devant le congrès de Coop de France, jugeant que « personne n'a la légitimité de s'assoir sur la loi et conduire à la dislocation de l'adhésion aux valeurs sociales ». La publication de ce jugement sonne donc comme un rappel à l'ordre. D'autant que le distributeur de Landerneau qui se veut le chevalier blanc de la défense des consommateurs trouve un large écho dans les media, tant écrits qu'audiovisuels. Il est rarement contredit, car comme ses confrères, il est aussi un des principaux annonceurs de la presse. Sans doute, ira-t-il en cassation contre le jugement de Paris. Ce sera un mauvais signe donné aux industriels qui par la voix de Jean-Philippe Girard, leur président, souhaitait lors de ses vœux « passer d'une logique de confrontation avec les distributeurs, à une co-construction », soulignant l'urgence pour les acteurs de la filière « d'agir en gens responsables ».
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