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Séparation vente/conseil : Fesneau veut une « nouvelle dynamique »

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Face au faible recours par les agriculteurs aux offres de conseil indépendant sur les pesticides, le nouveau ministre de l’Agriculture promet « un plan d’action ».

Intervenant en clôture de la Convention des chambres d’agriculture le 28 juin, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a annoncé l’élaboration prochaine d’un « plan d’action » pour faire face au faible développement du conseil indépendant sur les pesticides, notamment du conseil stratégique, les agriculteurs devant y avoir recours d’ici 2023, en application de la loi Egalim instituant la séparation du conseil et de la vente de ces produits. « Avec 18 mois de recul, nous sommes conscients que le marché du conseil ne se développe pas de manière adaptée, ce qui met en difficulté les opérateurs mais évidemment aussi les agriculteurs », a déclaré Marc Fesneau.

Et de plaider une « nouvelle dynamique », pour l’élaboration d’un « plan d’action » et d’un « calendrier volontariste mais aussi réaliste ». Lors de son discours de clôture, le président des Chambres d’agriculture France (ex-APCA) Sébastien Windsor avait alerté le ministre sur le risque d’un encombrement des services des chambres d’agriculture fin 2023, compte tenu de la faible part des agriculteurs ayant jusqu’ici eu recours au conseil stratégique.

Dérives et mises en péril

L’initiative de Marc Fesneau va dans le sens d’un rapport adopté en commission des Affaires économiques le 23 février. Les députés estimaient « nécessaire de travailler rapidement à la correction [des] effets de bord » de la séparation vente/conseil des phytos, afin de « s’assurer que l’offre de conseil se développe correctement ». Déplorant « un affaiblissement des conseils pratiques aux agriculteurs » et un risque de remise en cause des « filières vertueuses » (HVE, bio, biocontrôle), ils souhaitaient une mission parlementaire sur la séparation vente/conseil.

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Rappelons qu’au 1er janvier 2021, à l’exception de Limagrain, qui doute depuis de son choix, les coopératives et négoce ont toutes choisi de conserver leur activité de vente de pesticides. Et elles ont officiellement arrêté les services de conseil, qu’il soit « spécifique » ou « stratégique ». Mais deux enquêtes d’Agra Presse, en mars et en novembre 2020, ont mis en avant le faible développement de l’offre de conseil stratégique indépendant et les contournements fréquents de l’interdiction de conseil « spécifique » par les techniciens des sociétés ayant choisi la vente.

Depuis, peu d’initiatives ont émergé pour structurer la fourniture du conseil spécifique. À noter l’initiative locale de la chambre d’agriculture d’Ariège et de deux coopératives céréalières régionales, qui ont créé, début 2022, une société coopérative de conseil pour délivrer notamment du conseil spécifique. Mais elle reste pour l’instant isolée.

« Le marché du conseil ne se développe pas de manière adaptée »