Le ministre de l’Ecologie et du Développement durable a donné sa vision de l’agriculture lors d’une intervention le 29 septembre devant les présidents et directeurs des chambres d’agriculture réunis en session extraordinaire à Paris. Désireux de « réconcilier durablement » écologie et agriculture, Serge Lepeltier estime que les agriculteurs ne doivent pas seulement se concevoir comme des producteurs de denrées, mais également comme « des producteurs d’eau de qualité, de milieux diversifiés, d’une nature riche ».
Ceux qui espéraient en savoir un peu plus sur le projet de loi sur l’eau en ont été pour leurs frais. S’exprimant en clôture d’une session extraordinaire de l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture), Serge Lepeltier n’a pas dévoilé grand-chose du projet de loi sur l’eau, actuellement en arbitrage interministériel. Tout juste a-t-il indiqué que l’actuelle redevance « élevage » serait « simplifiée », sans être plus prolixe. Le ministre a ajouté que des plans d’action seraient développés au niveau local pour protéger les aires d’alimentation des captages contre les pollutions diffuses. Des plans qui pourront définir localement les mesures agronomiques les plus pertinentes, a-t-il poursuivi, précisant que les « pertes et surcoûts engendrés par les modifications de pratiques agricoles feront l’objet d’un financement de la part des agences de l’eau ». Serge Lepeltier est resté muet sur trois volets majeurs du projet de loi sur l’eau : le transfert vers les agences de l’eau de la taxe sur les phytosanitaires (TGAP), la création d’un fonds de garantie sur les boues d’épuration, et l’irrigation. « Ces trois sujets ont toute leur place dans ce projet de loi», s’est contenté de dire le ministre.
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Biocarburants : vers une charte de bonnes pratiques
A défaut d’annonces fortes, les dirigeants des chambres d’agriculture ont eu droit au message suivant : « J’entends réconcilier durablement l’écologie et l’économie et en particulier l’écologie et l’agriculture. Une écologie qui resterait cantonnée en dehors du monde économique n’a pas d’avenir», a expliqué Serge Lepeltier. « Vous vous êtes longtemps conçus comme producteurs de denrées et de biens, concevez-vous désormais complètement aussi comme producteurs d’eau de qualité, de milieux diversifiés, d’une nature riche », a-t-il ajouté, mentionnant au passage que « globalement la qualité de l’eau doit être améliorée». Abordant le dossier « biocarburants », le ministre a déclaré que « au moins deux nouvelles usines, une pour chaque filière, éthanol et diester, devront être créées», précisant qu’il souhaitait mettre en place une charte de bonnes pratiques pour les cultures qui y seront dédiées. A propos de Natura 2000, Serge Lepeltier s’est félicité que l’élaboration des documents d’objectifs soit « bien engagée » sur les 2/3 des sites, soit plus de 800 sites, et achevée dans environ 300 d’entre eux. La France devrait être dotée d’un réseau de sites opérationnels « d’ici un à deux ans».