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Sia : « En visiteurs par jour, le plus important salon français »

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Le Salon international de l’agriculture aura lieu du 23 février au 3 mars à Paris. En termes de visiteurs par jour, le Sia est le plus important salon français devant le Salon de l’automobile. Entretien avec son président Jean-Luc Poulain, et sa directrice Valérie Le Roy.

Concrètement, que rapporte le Salon international de l’agriculture aux agriculteurs et au monde agricole ?

Jean-Luc Poulain : Le salon est une réponse à l’agri-bashing qui participe au mal-être des agriculteurs. Avoir un salon avec autant de retombées médiatiques et autant de visiteurs, cela permet d’avoir une discussion entre le secteur et la société, sur ce que les citoyens attendent des agriculteurs, et vice versa. C’est d’autant plus nécessaire que les citoyens n’entrent plus dans les cours de ferme, il y a une vraie coupure. Pour un agriculteur qui participe aux concours, c’est un enjeu économique réel à court et moyen termes. Cela se ressent sur le prix et les quantités vendues pour les concours de produits, et sur la notoriété pour les concours d’animaux.

Quelle est la place du Salon international de l’agriculture dans le marché de l’évènementiel français, en particulier l’évènementiel agricole ?

Valérie Le Roy : La Salon international de l’agriculture est unique en son genre. En France, c’est le plus grand salon à accueillir du vivant. En nombre de visiteurs par jour, c’est le plus important salon français, devant le Salon de l’automobile, qui dure en revanche plus longtemps. Il existe des salons agricoles en régions, mais avec des zones de chalandise spécifiques, souvent des spécialisations, comme le Space ou le Sommet de l’élevage, qui sont B to B exclusivement, alors que nous sommes à la fois grand public et professionnel. Une étude est en cours pour mieux connaître les orientations respectives de chacun de ces salons agricoles. On sait déjà que contrairement à tous les autres salons agricoles, le Salon qui se tient à Paris a un vrai rayonnement national ; 60 % des visiteurs viennent de province.

Quelle est la place du Salon international de l’agriculture dans le monde ?

Valérie Le Roy : C’est ce que nous dira l’étude en cours. Le Salon international de l’agriculture n’a pas vraiment d’équivalent à travers le monde, à part, peut être, la Grüne Woche, en Allemagne, à laquelle il est difficile de se comparer puisque l’organisation et le comptage des visiteurs sont différents. Quant aux autres salons, ils sont souvent spécialisés, sur le machinisme ou une production en particulier.

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Pourquoi les Allemands sont-ils leaders des salons spécialisés (Fruit Logistica, Agritechnica…) ?

Jean-Luc Poulain : D’abord, ils ont un esprit plus discipliné que le nôtre. Ils "chassent en meute" davantage que nous. Nous sommes Gaulois. Ensuite, un salon en Allemagne est moins cher à organiser qu’en France. Enfin, peut-être n’a-t-on pas suffisamment mobilisé nos politiques, notamment nos ministres des Affaires étrangères, aux enjeux que cela représente. Nous l’avions fait lors de la Cop21, nous devrions pouvoir le faire plus régulièrement.

Valérie Le Roy : Les tarifs sont en effet moins chers en Allemagne car le fonctionnement des parcs d’exposition est différent. Ils ne sont pas privés comme en France, mais appartiennent souvent aux villes ou aux Landers. Et les salons appartiennent souvent aux parcs. Si bien que les salons sont souvent situés en plein centre-ville, et que les organisateurs n’ont pas à payer de location comme nous le faisons.
Ensuite, c’est vrai que lorsque l’on va à Hanovre, à Agritechnica, vous êtes « accompagnés » dès la sortie de l’aéroport, ce que nous n’avons pas encore réussi à faire en France.

Le Sia n’a pas vraiment d’équivalent à travers le monde, à part, peut être, la Grüne Woche, en Allemagne

Les tarifs sont en effet moins chers en Allemagne