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INVESTISSEMENT/VIANDE Sicarev va investir 8 millions € dans son abattoir de Roanne

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Dans un métier complexe, le groupe Sicarev, implanté à Roanne dans la Loire, travaille sur l'amélioration de son outil de production pour gagner en compétitivité. Après l'abattoir de Saint-Etienne, c'est celui de Roanne, où se situe son siège social, qui commence sa mue avec 8 millions € de travaux engagés en 2014 et 2015.

DU négoce d'animaux vivants à l'abattage et à la transformation de certains produits, le groupe Sicarev a adopté un mode de fonctionnement coopératif et partenarial pour maintenir une filière compétitive. Après un investissement de quelque 20 millions € sur deux ans pour l'abattoir de Saint-Etienne dans la Loire, dont l'ensemble des activités est opérationnelle depuis le printemps 2013, c'est au tour de l'outil de Roanne d'engager sa transformation. « L'objectif est d'améliorer les ateliers de découpe et d'abattage, explique Philippe Dumas, président du groupe Sicarev. Notre capacité passera de 26 000 tonnes à 30 000 tonnes de bovins traités chaque année. Cette organisation s'inscrit dans une logique d'évolution de la chaîne d'abattage pour poursuivre la spécialisation des outils que nous avons engagés il y a quelques années. » Autre particularité de cet abattoir de Roanne exploité par Sicarev, il est géré sous forme de Sem (Société d'économie mixte), détenue à 80 % par la communauté d'agglomération de Roanne et la Ville. C'est cette Sem qui investit dans les locaux. « Il reste un abattoir privé, tient à signaler Philippe Dumas. Nous y employons environ 300 salariés. Même si nous allons gagner en compétitivité grâce aux travaux effectués à partir du printemps 2014 et qui s'étaleront jusqu'en 2015, l'abattage reste une activité qui a besoin de main-d'œuvre. »

L'EXPORT EST NÉCESSAIRE

Via ses abattoirs spécialisés, le groupe Sicarev traite les productions de ses 4 600 adhérents. La Stéphanoise d'abattage et le site de Roanne abattent et découpent les bovins. Le site stéphanois se charge aussi du traitement des veaux. Les sites d'abattage et de découpe des porcs sont localisés près d'Orléans et dans l'Allier. Au total, le groupe Sicarev traite 160 000 tonnes de viande par an : 100 000 tonnes de porcs et 60 000 tonnes de bovins.

Et pour maîtriser toute la chaîne de valeur d'une industrie fortement concurrencée en Europe, en partie par des coûts de main-d'œuvre assez élevés en France, la coopérative a créé une filiale dédiée à l'exportation, Deltagro Union. « Cette structure gère l'exportation des animaux vivants pour ses coopératives actionnaires, détaille Philippe Dumas, dont le groupe Sicarev qui détient 33 % du capital. Nos débouchés sont principalement en Italie, plus compétente que nous pour l'engraissement des bêtes. »

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L'export est aussi nécessaire à l'industrie française pour valoriser toute la production. « Nous abattons 20 000 porcs par semaine. Imaginez le nombre de pieds et d'oreilles qui ne trouvent pas d'acheteurs en Europe !, prend pour exemple Philippe Dumas. Par contre, les Asiatiques sont friands de ces parties que nous vendons aussi cher que le jambon en France. Mais pour cela, il faut être capable d'aller à l'export. » Deltagro Union a réalisé 200 millions € de chiffre d'affaires uniquement à l'international en 2013.

Le groupe Sicarev évolue dans un métier de désassemblage complexe qui lui permet de tirer son épingle du jeu grâce à une spécialisation de ses outils de production. En 2013, il a réalisé un chiffre d'affaires de 700 millions €. Pourtant, la consommation de viande en France n'évolue pas sur des tendances haussières. « Le bœuf est un produit cher, analyse le président de Sicarev. En temps de crise, l'arbitrage des ménages se fait sur le panier alimentaire qui baisse d'année en année. » Selon la quatrième enquête sur les consommations alimentaires des Français menée par le Credoc, la consommation de viande de boucherie aurait diminué de 15 % entre 2003 et 2010.