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Lait Signature d’un accord « pour un commerce du lait durable » en Espagne

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Arias Cañete a annoncé le 4 février la signature d’un accord au sein de la filière laitière pour mettre en place un « commerce durable du lait ».

Le ministre espagnol de l’Agriculture, Miguel Arias Cañete, a annoncé le 4 février qu’un accord avait été trouvé entre les producteurs, l’industrie laitière et les distributeurs. Cet accord, qui doit être signé officiellement le 12 février, prévoit la mise en oeuvre d’un système commercial qui interdit la vente à perte – en dessous du coût de production – et la mise en place d’un système « objectif » de formation du prix du lait à la production. En marge d’une conférence de presse sur un autre sujet, le ministre a expliqué que « autant les industriels que les distributeurs connaissent les vrais coûts de production du secteur laitier ». Le but de cet accord est de permettre aux 22 000 producteurs laitiers du pays de survivre, a-t-il ajouté. L’accord évoque, selon nos confrères espagnols, la création d’une « mini-marque » de qualité qui serait portée sur les produits respectant cette nouvelle règle du jeu. Une campagne de communication viendra appuyer le dispositif pour indiquer au consommateur le juste choix qu’il peut ou doit faire, en leur indiquant que leur acte d’achat « supporte des producteurs qui ont investi leur capital, leur travail, leur passion et leur amour de la terre dans l’élevage », selon les termes d’Arias Cañete.

Création d’un observatoire des prix

L’ensemble de la filière sera informé des coûts de production région par région grâce à la création d’un observatoire des prix, qui sera également chargé d’analyser la mécanique de formation du prix. Il existe en effet en Espagne comme en France d’assez grandes disparités entre les régions du nord et du sud, entre la Galice et l’Andalousie par exemple. La crise laitière, dans le sillage de la crise économique espagnole qui met le pays quasi à genoux, ébranle une filière déjà fragile. Selon les syndicats, les contrats de livraisons au prix de base de 18 centimes le litre ont fleuri depuis octobre tandis que les abattages de réformes laitières auraient progressé de 14 % sur la période janvier-novembre en 2012 par rapport à 2011. En novembre, la production a même reculé de 3,37 %. Les syndicats dénoncent aussi les pressions qui sont faites sur les producteurs pour qu’ils livrent au plus bas prix, sur des contrats d’un à trois mois au lieu de l’année recommandée par l’UE, sous peine d’arrêt de la collecte.

Quid des sanctions ?

Président de la principale organisation de producteurs (Ulega) en Galice (première région productrice avec 40 % du total national), José Vence a annoncé que 2012 était la première année où le kilo d’aliment valait plus cher que le kilo de lait et estime que les industriels payent en Espagne 5 centimes de moins. Selon José Vence, le lait était réglé jusqu’à 29 centimes tandis qu’il coûte 36 à 37 centimes à produire. Son organisation a même réclamé la création d’un « médiateur face à l’industrie laitière ». Ces chiffres sont d’ailleurs contredits par le ministère qui annonce en décembre une hausse de 0,327 à 0,331 euro/litre le prix perçu par les éleveurs. Réagissant à l’annonce de Miguel Arias Cañete, les syndicats agricoles ont demandé que l’accord comporte, en plus, des sanctions applicables en cas de vente avérée sous le coût de production.

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