Lancé officiellement ce 12 juin, le projet de Sainte-Emilie consiste à remplacer la chaudière existante équipée de 6 chaudières au fioul (puissance totale de 129 Mégawatts) par une centrale de cogénération, c'est-à-dire une production conjointe d'électricité et de chaleur utilisant les meilleures techniques disponibles (deux chaudières de 150 mégawatts chacune couplée à un turbo alternateur qui permettra de produire 18 mégawatts d'électricité à 20 000 volts …).
L'investissement réalisé qui comprend, outre la chaudière, la pose d'une conduite de 8 km permettant d'apporter le gaz naturel via un branchement sur l'artère Nord, est supérieur à 40 M€. La nouvelle chaudière devrait être opérationnelle en 2018. Elle permettra une baisse d'environ 25% des émissions de CO2, la réduction des poussières de 95%, et permettra à la sucrerie d'être totalement autonome en eau.
Construite en 1857, la sucrerie de Ste-Emilie est située à Villers-Faucon (80), à la croisée de la Somme, de l'Aisne, du Pas de Calais et du Nord. C'était l'un des trois outils industriels du groupe Vermandoise Industries qui appartenait à la famille Delloye et que Cristal Union a racheté en 2011-2012. En 105 jours de campagne, la sucrerie transforme tous les ans quelque 16 000 ha de betteraves (1 500 000 tonnes de betteraves travaillées) produisant 210 000 t de sucre cristallisé, 35 000 t de sirops et 40 000 t de mélasse et 250 000 tonnes de pulpes surpressées. L'usine emploie 115 salariés et 80 saisonniers.
Depuis le rachat par Cristal Union, Sainte-Emilie investit chaque année entre 2 à 4 M€. En dix ans, elle a réduit d'un quart sa consommation d'énergie. Ce nouvel investissement devrait permettre une réduction supplémentaire de la consommation d'énergie de 10%.
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Cristal Union travaille depuis de nombreuses années dans la chimie des produits bio-sourcés, notamment sur son site de Bazancourt. Après une prise de participation de 7% dans le capital de Global Bioenergies à l'occasion de sa levée de fonds de 23M€ en juin 2013, Cristal Union vient de s'associer avec cette start-up implantée à Evry (Essonne) depuis 2008. Elles ont créé le 21 mai dernier IBN-One, une société « ayant pour objet la construction et l'exploitation en France de la première usine de conversion de ressources renouvelables en isobutène ». Société anonyme au capital d'1M€ détenue à parts égales par Cristal Union et Global Bioenergies, IBN-One est présidé par Bernard Chaud, ancien chef de projet du dossier Futurol chez Tereos.
Selon Alain Commissaire, IBN-One devrait pouvoir produire des alternatives bio-sourcées à des intermédiaires chimiques issus du pétrole pour les marchés des caoutchoucs, des plastiques ou des biocarburants. IBN-One devrait construire une nouvelle usine, dont le site n'est pas encore défini, selon deux voies distinctes : l'une pour le chimiste Arkema (bioplastiques) et l'autre pour le constructeur Audi qui cherche avec le butadiène à produire un nouveau carburant. Elle devrait être opérationnelle d'ici 2018-2019.
Après la mise sur le marché de sa boîte plastique issue de ressources biosourcées (canne à sucre), « Cristal Union devrait bientôt lancer d'autres formes de bioplastiques complètement dégradables », selon Xavier Astolfi, directeur général adjoint. L'annonce devrait en être faite très prochainement.