Selon l’Afssa, des prélèvements effectués début 2005 dans des élevages de canards ont permis d’isoler quatre virus de type H5, faiblement pathogènes. Or, les études des épizooties récentes ont établi que les virus Influenza aviaire hautement pathogènes sont le résultat d’une mutation des virus faiblement pathogènes. Voilà de quoi faire réfléchir les autorités sanitaires, notamment au niveau des vaccins pour l’homme. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’était inquiétée le 19 août, de l’insuffisance des capacités actuelles de production de vaccins antigrippe pour répondre à une éventuelle pandémie.
Les canards français pourraient être les premières victimes de la grippe aviaire, si elle déferlait chez nous ! Selon le bulletin d’informations A propos (juin 2005) de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), des prélèvements effectués début 2005 ont permis d’isoler quatre virus de type H5 dans des élevages de canards prêts à gaver. Ces virus, faiblement pathogènes, sont en réalité des cousins éloignés des virus asiatiques de type H5N1. L’Afssa ajoute, qu’en dehors de ces 4 cas, faiblement pathogènes, « un problème sérieux et préoccupant a été mis en évidence chez les canards reproducteurs élevés en claustration. En effet, sur les 60 élevages testés, 12 (20%) se sont révélés séropositifs au virus H5 et deux ont été qualifiés de douteux ». En revanche, les autres productions testées, comme les poulets ou les dindes n’ont pas présenté de problèmes particuliers.
Des mutations à prendre au sérieux
Or, d’après l’Afssa, l’étude des épizooties récentes a permis d’établir que les virus Influenza aviaire hautement pathogènes sont le résultat d’une mutation des virus Influenza aviaire faiblement pathogènes. Ce qui pourrait entraîner de sérieux problèmes dans les élevages de canards français, si des mutations venaient à apparaître et se propager à d’autres espèces. On n’ose imaginer ce qui se passerait si le virus frappait un pays comme la France. Si sa présence dans les pays gros importateurs de volailles comme la Russie peut laisser espérer quelques opportunités pour nos exportations, et sans doute une remontée des prix, cette satisfaction risquerait d’être de courte durée avec un tel scénario.
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Plusieurs expérimentations en cours
En tous les cas, une enquête plus approfondie sur cette production et des études de terrain et en laboratoire vont être menées dans le courant de l’année par l’Afssa en collaboration avec la Direction générale de l’alimentation (DGAL) afin de mettre en place les projets de suivi épidémiologique sur le terrain. L’Afssa poursuit également une évaluation de l’efficacité de vaccins Influenza pour le canard, et a déposé un projet en collaboration avec l’Institut Pasteur de Paris sur l’appréciation du potentiel zoonotique des virus Influenza. Dans son avis du 25 août, elle indiquait « ne pas pouvoir apprécier [...], compte-tenu des délais impartis, le risque lié à la persistance de virus faiblement pathogènes de divers sous-types H5, dans certains élevages de canards ».