Le 26 novembre, la Commission européenne a annoncé qu'elle ouvrirait une procédure d'infraction contre la France dans l'affaire du barrage de Sivens pour non-respect de la réglementation européenne.
La Commission européenne a adressé, le 26 novembre, une lettre de mise en demeure à la France pour non-respect de la directive européenne sur l'eau dans le projet du barrage de Sivens. Bruxelles reproche à la France une étude d'impact environnemental insuffisante, ne répondant pas aux conditions requises pour la masse d'eau concernée par le projet. La lettre de mise en demeure est la première étape de la procédure judiciaire européenne. « Les observations qui vont être dans ce document européen, notamment sur la qualité des masses d'eau (...) vont nous permettre, en intégrant ces critères, de faire en sorte que le nouveau projet respecte ces critères », a déclaré Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, dans la cour de l'Elysée, au sortir du Conseil des ministres, le 26 novembre.
Les pro-barrages appellent à résister
En réponse à l'entrée en scène de Bruxelles, les deux camps de la controverse ont relancé leurs arguments. Irrigants de France réaffirme « l'intelligence du projet » de retenue d'eau à Sivens et invite le gouvernement à « ne pas fléchir » devant la procédure européenne d'infraction. « Le gouvernement français doit apporter un soutien sans faille au projet de retenue de Sivens qui, au-delà des enjeux locaux, est particulièrement symbolique », selon un communiqué le 27 novembre. La section spécialisée de l'AGPM (Association générale des producteurs de maïs) rappelle notamment que le projet « a franchi toutes les étapes réglementaires et de concertation au niveau local », que des expertises complémentaires ont conduit à « des pistes d'amélioration sans (le) remettre en question ».
En attendant des précisions…
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Pour le camp opposé au projet, les attentes de précision sur les motivations de Bruxelles se précisent. « Si la Commission européenne vise la rupture de la continuité écologique – le fait par exemple de mettre un barrage qui empêche la migration des poissons – ça écarterait toute poursuite du barrage de Sivens, même redimensionné », suppose Ben Lefetey, un porte-parole des opposants au projet de barrage de Sivens. Car, pour l'heure, il n'a pas eu accès aux motivations précises de la procédure engagée par Bruxelles à l'encontre de la France.
A réception de la lettre de mise en demeure, les autorités françaises disposent de deux mois pour donner des explications à Bruxelles. Si elles ne sont pas jugées recevables, la Commission pourra adresser à Paris un avis motivé lui demandant de prendre certaines dispositions. Enfin, si la France ne respecte toujours pas les demandes de la Commission, celle-ci pourra porter l'affaire devant la Cour de justice de l'UE.
«J 'AI demandé au gouvernement d'engager un chantier sur la démocratie participative » afin que « sur les grands projets (…) toutes les garanties » soient réunies et éviter les « formes inacceptables de violence », a déclaré le président de la République François Hollande, le 27 novembre lors de la Conférence environnementale. Il a commencé son discours sur le drame de Sivens et sur les leçons qu'il fallait en tirer. Il a ainsi annoncé que le gouvernement fera d'ici à 6 mois des « propositions » en matière de « démocratie participative » sur l'impact écologique de tels projets. Le recours à des référendums locaux lorsque des projets d'aménagement du territoire conduisent à des situations de blocage, est préconisé par le gouvernement.
Le concept de « démocratie participative » avait été le fer de lance de Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, lorsqu'elle était candidate aux élections présidentielles en 2008. « Démagogie », « populisme », « politique innovante »…. Le concept collectionnait déjà une grande variété de qualificatifs. A suivre…