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Slim Pack utilise toutes les sources de protéines

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Le spécialiste des produits diététiques vient récemment de sortir une barre céréa-les à base d'insectes. Déjà bien implantée à l'international, l'entreprise compte se positionner sur le marché chinois, via les produits de régime.

LE laboratoire Slim Pack est spécialisé dans la conception et la fabrication de produits diététiques. Principalement positionné sur les produits minceur (70 % de ses ventes), il est également présent dans les produits pour les sportifs (20 %) et les seniors (10 % ). Une répartition qui devrait évoluer à terme au profit des produits de re-nutrition pour les personnes âgées, « qui offrent plus de possibilités d'innovation », explique le président Jean-Michel Baillet. À la demande d'un de ses clients, Slim Pack vient de mettre au point une barre céréales protéinée à 40 %, contenant 5 % d'insectes, « des vers Buffalo, précise le responsable. Nous utilisons toutes les sources de protéines, sans a priori. En mettre plus ne serait pas rentable, il existe encore très peu de production d'insectes en Europe ». Une barre céréales que rien ne différentie d'une autre par le goût, mais qui en y regardant de plus près laisse apparaître les vers dans la préparation.

Lorsqu'il a racheté en 2009 le laboratoire NPC, alors en liquidation judiciaire, Jean-Michel Baillet est pratiquement reparti de zéro. De 70 salariés à l'époque, la société n'en compte plus que 10 aujourd'hui. « NPC avait un savoir-faire, mais n'a pas réussi à maîtriser son développement », explique Jean-Michel Baillet. Le laboratoire fabrique aujourd'hui une centaine de références, sous formes de poudres, barres et crackers, qu'il vend à des distributeurs, qui vendent les produits à leur marque propre.

Slim Pack, qui annonce un chiffre d'affaires proche de 2 millions d'euros, travaille à 80 % pour l'export, essentiellement l'Europe de l'Ouest et de l'Est, un peu également en Russie et en Amérique Centrale. « Notre force repose sur notre développement à l'in-ternational, souligne le président. Les Chinois très intéressés par nos pro-duits. Il existe de plus en plus d'obèses dans ce pays, ils ont donc un besoin immédiat de produits de régime ».

L'un des atouts du laboratoire est sa capacité à fabriquer de petites séries, ce qui lui confère une énorme souplesse. « Notre outil nous permet d'être très réactifs », précise Jean-Michel Baillet, dont l'objectif est de conquérir de nouveaux marchés et faire évoluer notre gamme, notamment vers les produits avec des allégations santé, des produits fonctionnels ».

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MANGER DES INSECTES EN FRANCE : CE QUE DISENT LES TEXTES

« La mise sur le marché d'insectes pour la consommation humaine entre dans le champ d'application du règlement (CE) n°258/97 * sur les nouveaux aliments. Ce règlement soumet, depuis le 15 mai 1997 (date d'entrée en vigueur du règlement), tout nouvel aliment à autorisation communautaire avant mise sur le marché. Est défini comme nouvel aliment toute denrée alimentaire dont la consommation humaine est restée négligeable dans l'Union européenne avant la date du 15 mai 1997. Les nouveaux aliments font l'objet d'une procédure européenne d'évaluation avant leur mise sur le marché. Cette évaluation vise à démontrer que le nouvel aliment ne présente pas de danger pour le consommateur, n'induit pas le consommateur en erreur et ne crée pas d'inconvénients nutritionnels pour le consommateur, c'est-à-dire ne présente pas une trop grande différence nutritionnelle avec le produit qu'il est censé, le cas échéant, remplacer. Ainsi, la mise sur le marché d'insectes pour la consommation humaine est subordonnée soit au dépôt d'une demande d'autorisation et à la démonstration de l'innocuité pour le consommateur (au titre du règlement sur les nouveaux aliments) ; soit à la démonstration d'une consommation significative de la denrée avant 1997 dans l'UE (dans ce cas, on sort du champ d'application du règlement sur les nouveaux aliments et la denrée peut être mise sur le marché sans plus de formalités, l'historique de consommation valant démonstration de la sécurité). Le choix de procéder selon l'une ou l'autre des possibilités est de la responsabilité première de l'opérateur. » (texte consultable sur le site du ministère de l'Agriculture)

*http: //europa.eu/legislation_summaries/consu mers/consumer_safety/l21119_fr.htm

LES PROTÉINES À CONSOMMER AVEC MODÉRATION

Dans ses recommandations de 2007, l'Anses conseille un apport de 0,83 g par kilos par jour de protéines pour un individu adulte de moins de 60 ans, et recommande de ne pas dépasser 2,2 g par kilos par jour. Le corps ne fait rien des protéines qu'il absorbe en plus de ses besoins, sauf de les éliminer. Mais au-delà de 3,5 g par kilos et par jour, le corps n'y arrive plus. « Un groupe de travail planche actuellement sur les recommandations de répartition des macronutriments dans l'apport énergétique quotidien », indique L'Anses. Son rapport est attendu cette année.En France, la consommation est de 1,4g de protéines par kilo et par jour, dont 60 % sont issus de produits animaux. L'idéal serait un apport équilibré entre les protéines d'origine animales et celles d'origine végétales (recommandations du PNNS).