Abonné

Agriculture et alimentation Slow Food au secours des produits menacés de disparition

- - 4 min

Le mouvement Slow Food, venu d’Italie, prend de l’ampleur en France et dans le monde. Il participe à sauver des produits agricoles et agroalimentaires menacés de disparition, comme en a témoigné son président lors des Entretiens de Millançay début octobre.

Le mouvement Slow Food, créé en 1989 en Italie en réaction à la « fast food », défend la richesse du goût et la biodiversité qui en est la base : les petites productions végétales, animales et agro-alimentaires artisanales. Une démarche qui s’accompagne de la sauvegarde du milieu rural et de la revalorisation du rôle de l’agriculture. Son slogan : « Bon, propre et juste ».
« Bon » pour la qualité des aliments et leur goût, « propre » pour la méthode de production respectueuse de l’environnement et « juste » pour la juste rémunération des producteurs et le respect des consommateurs.
Slow Food compte aujourd’hui 100 000 adhérents dans le monde et réunit tous les deux ans une partie d’entre eux à Turin dans un événement nommé Terra Madre. Entre 6 000 et 7 000 personnes venues du monde entier s’y sont rassemblées dès la première réunion en 2004. Parmi eux, une majorité de paysans, pêcheurs et producteurs artisanaux (4 000) mais également des cuisiniers, des étudiants, des chercheurs (universitaires, agronomes)…
« Ce rassemblement constitue la plus importante multinationale agro-alimentaire du monde », a commenté le fondateur.
Ce rassemblement fait des émules. Les Pays-Bas ont crée à leur tour un Terra Madre national.

Une douzaine de produits « sentinelles » en France

Les produits « sentinelles » sont une autre initiative importante du mouvement. Une « sentinelle » est un projet de sauvegarde et de relance d’un produit alimentaire menacé de disparition, par sa promotion auprès de connaisseurs, amateurs et professionnels. D’abord développée en Italie avec succès, la démarche a gagné tous les pays. Il existe environ 400 produits sentinelles dans le monde. La France en compte une douzaine très divers : la brousse du Rove, le porc noir de Bigorre, le vin Rancio sec du Roussillon, la lentille blonde de Saint-Flour…
« Ainsi, le navet noir de Pardailhan, dans l’Hérault, qui était très connu au XIXe siècle pour ses qualités gustatives, a été sauvé de la disparition grâce à une campagne intense. Il est à présent semé dans toute la région », a expliqué Jean Lhéritier, président de Slow Food France.
Slow Food constitue également une Arche du goût qui répertorie des produits agricoles parmi lesquels des viandes d’animaux, des céréales, des fruits et légumes frais et secs, des aromates et condiments, des produits artisanaux, des boissons… L’objectif est de faire connaître et d’assurer une pérennité à ces productions qui seront au besoin classées en produits « sentinelles ». Un livre recensant des produits et des recettes de la Slow Food a été créé.
« En Italie, les actions de Slow Food ont permis de sauver des produits et créer environ 500 emplois », explique encore Jean Lhéritier.

Un mouvement qui sort du cadre alimentaire

Le mouvement est composé d’antennes locales où s’échangent les connaissances et où se pratique l‘éducation au goût. Il dispose de deux jardins-écoles (Angleterre et France) et d’un institut pour une Haute qualité alimentaire.
Le mouvement est aujourd’hui reconnu dans le monde. En France il se développe avec l’appui de partenaires parmi lesquels le Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT), des régions, le Crédit coopératif…
Slow food, qui s’inscrit contre l’accélération du temps dans nos sociétés contemporaines, fait école dans d’autres disciplines. Un Slow movement est né aux Etats-Unis qui promeut notamment la Slow school, basée sur une éducation au plaisir de l’apprentissage des connaissances.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

biodiversité
Suivi
Suivre