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Viande / Stratégie  Socopa mise sur les produits élaborés

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Leader de la filière viande en France et en Europe, Socopa n’est néanmoins pas épargné par les difficultés que rencontre la filière. Pour le groupe de 1,96 milliard d’euros de chiffre d’affaires, l’unique voie de secours réside dans le développement des produits élaborés dont la demande est en croissance. Grâce à des innovations de process essentiellement, le groupe coopératif est à même de proposer des produits nouveaux à marque Valtero ou Bahier en charcuterie, qui dynamisent le marché dominé par les MDD. Le potentiel de développement des activités d’export est également intéressant, particulièrement pour le porc dans les pays tiers, ou les bovins dans l’Union Européenne.

A la croisée de l’élevage et de l’industrie, le groupe Socopa a trouvé sa place sur tous les types de marché, en offrant une large gamme de produits, allant de la carcasse à la viande cuite. Mais face à la montée des MDD depuis août 2005, le leader français de la viande, dont l’actionnariat est essentiellement coopératif, souffre au même titre que ses concurrents, et cherche à développer au maximum ses ventes de produits élaborés.

Les branches bovine et porcine en difficulté

A eux seuls, les porcs et les bœufs comptent plus de 90 % des 640 000 tonnes de viande commercialisées en 2005. Chaque semaine, 60 500 porcs sont abattus par le groupe dans les abattoirs du grand Ouest de la France, et les 11 000 bœufs abattus permettent la commercialisation de produits de première transformation (carcasse) et de deuxième transformation (muscles, pièces sous vide, fraîches et congelées) par la branche bovine. Mais c’est bien la branche industrielle qui concentre aujourd’hui l’attention, puisqu’elle assure la production et la commercialisation des produits élaborés frais, cuits, congelés et surgelés pour le commerce de détail comme pour le restauration, segment créateur de valeur ajoutée, essentiel face aux difficultés que rencontre la filière. L’augmentation du cours de la matière première et les difficultés de répercussion sur le prix de vente, ainsi que l’augmentation des charges, liée à la taxe d’abattage, sont autant de facteurs qui poussent Socopa à investir fortement en innovation sur les produits élaborés.

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Valtero et Bahier : innover pour contrer les MDD

Avec ses marques commerciales Valtero et Bahier, Socopa propose des produits de viande et de charcuterie dans le commerce de détail. Créée en 2001, Valtero poursuit aujourd’hui une politique de nouveauté qui semble fonctionner puisque sa part de marché atteint 25 % en 2005. Après les pavés marinés lancés en 2003, la marque se lance sur le haché basse pression, les poêlées viandes et légumes, propose un nouveau packaging pour ses émincés et trois nouvelles références de viande marinée. Valtero lance aussi sur le marché des produits frais un cheeseburger à réchauffer au micro-ondes. Un dynamisme de marque qui permet un renouvellement du marché, là où les MDD font du volume (60 % de part de marché). Quant à Bahier, spécialiste de la charcuterie et du traiteur à la coupe et en libre service, entrée dans le giron du groupe coopératif fin 2004, elle se situe sur des marchés de niche, composés de spécialistes, où les MDD, gênées par la force des marques nationales et régionales, ne peuvent faire d’aussi bons scores. Ainsi, Bahier se trouve en position de leader sur les boudins et numéro 2 des rillettes, derrière Bordeau Chesnel. Les produits ainsi élaborés permettent en outre de valoriser les restes d’abattage. Entre 2001 et 2005, les ventes de produits élaborés de la branche viande sont passées de 72 000 tonnes à 105 000 tonnes, soit une croissance 46% en 4 ans. « Mais un travail d’étiquetage et de mise en valeur du rayon libre-service, en partenariat avec la distribution, reste nécessaire afin d’être parfaitement en adéquation avec les demandes du consommateur, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui », déclare Jean-Yves Perrin, responsable de la communication du groupe.

L’export : fort potentiel en Chine

Quant à l’export, il représente 20 % du 1,96 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Parmi les produits abattus en France, seul le porc est compétitif, vendu essentiellement en Asie (Corée, Japon, Chine) et en Russie. En 2005, 21 200 tonnes de porc ont été exportées vers les pays hors de l’Union Européenne, contre 800 tonnes de bœuf uniquement. Mais la branche internationale mène également une activité de négoce de l’agneau de Nouvelle-Zélande et d’Australie, ou de bovins du Mercosur, par rapport aux besoins européens. Au total, Socopa réalise 27 % des exportations françaises de viande vers les pays tiers, et 17 % des exportations totales, incluant l’Union Européenne (qui représente près de 80 % de ses exportations). Le groupe se fixe pour objectif le développement des exportations de bovins en Europe du Sud (Grèce, Italie, Portugal) et en Allemagne, marchés en croissance où la production française est appréciée – la France est le premier producteur de viande bovine en Europe. De même, bien que la Chine soit un très gros producteur de cochons, la pays n’est pas autosuffisant, et il existe un potentiel dans ce pays, où Socopa rencontre néanmoins la concurrence des Danois, des Canadiens ou des Américains.