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Industrie laitière Sodiaal fait encore attendre les salariés d’Entremont

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Le grand déballage, sur le plan industriel et social, de la reprise d’Entremont par Sodiaal n’a pas eu lieu le 30 juin au comité central d’entreprise à Lyon. Les salariés ne savent toujours pas s’il y aura ou non des suppressions de postes ou fermetures d’unités et dans quelles proportions. Tout au plus ont-ils obtenu d’avoir un document écrit la semaine prochaine mais qui portera sur le montage juridico-financier de la reprise. En revanche, le DG de Sodiaal a affirmé être maintenant officiellement au courant du prochain investissement chinois chez Entremont Carhaix. Il n’a pas indiqué vouloir le remettre en cause.

C’est le 30 juin qu’a eu lieu un comité central d’entreprise d’Entremont. Une réunion tenue à Lyon, en présence du directeur général de Sodiaal et de la directrice des ressources humaines du groupe coopératif.
Les salariés attendaient de cette rencontre une information précise sur le plan de reprise du producteur d’emmental par le groupe coopératif. Une information qui doit déboucher sur un avis donné par les organisations de salariés et ensuite, que cet avis soit positif ou non, sur la réalisation de l’opération.
Jusque-là, les salariés ont dû se contenter d’informations sur le montage financier et juridique de l’opération qui aboutirait à la cession pure et simple d’Entremont, adossé à la holding Sodiaal International, filiale du groupe coopératif lui-même. Or, d’une part la direction de Sodiaal n’a pas donné d’éclaircissements sur le plan industriel et social lié à la reprise. D’autre part, les salariés ont été quelque peu surpris d’entendre que, contrairement à ce qui semblait avéré jusque-là, la question bancaire n’est pas totalement résolue. Certaines banques rechigneraient encore à accepter le plan de restructuration de la dette.

Carhaix produirait pour les Chinois

Autre sujet qui a été évoqué, le projet d’investissement chinois auprès d’Entremont qui avait un temps perturbé les négociations. De quoi s’agit-il ? De la volonté d’un groupe laitier chinois d’investir pas moins de 50 millions d’euros dans deux tours de séchage sur son site de Carhaix. Un outil qui serait en mesure de produire 30 000 tonnes de poudre de lait, la même quantité de poudre de lactosérum et d’autres produits élaborés. Des produits qui seraient exportés vers la Chine dont le marché laitier a été récemment bouleversé par la contamination à la mélamine. Conséquence : la possibilité de résorber une grande partie des excédents laitiers du fromager français. Pour les éleveurs, une garantie de prix serait envisagée, autour de plus ou moins 20 euros par millier de litres par rapport au prix de marché du moment. Le contrat a été signé en avril et courrait jusqu’en 2020.
S’il s’agit d’un accord purement commercial, il a néanmoins pour conséquence d’augmenter la valeur de l’entreprise. C’est en partie ce qui a troublé les négociations de rachat par Sodiaal, quant aux conditions dans lesquelles on désintéressait l’actionnaire principal Albert Frère. (Ces conditions porteraient sur 10 millions d’euros « cash » auxquels s’ajouteraient 15 millions en obligations). En tout cas, les salariés voudraient bien que ce projet chinois soit adossé à la reprise, ou tout au moins confirmé par les futurs propriétaires. Des emplois sont à la clef.

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