La société de financement Sofiprotéol, qui a investi 70 M€ en 2021 (125 M€ en 2020), veut continuer à « accompagner les transitions » vers moins de viande, plus de protéine végétale dans l’assiette.
Il s’agit de « soutenir l’évolution des filières » face aux tendances de marché, a expliqué le 8 février en conférence de presse le directeur général délégué Xavier Dorchies, retenant le scénario Crédoc d’une consommation de viande à « -9 % d’ici une dizaine d’années ». Sofiprotéol entend appuyer l’adaptation des filières animales, par la structuration des outils de transformation de viande et la transition vers des aliments d’origine locale pour les animaux d’élevage. Côté protéines végétales, la filiale d’Avril voit « un potentiel de hausse » de la consommation. Son objectif est d’accompagner la sélection variétale, la production, le stockage, la transformation, en particulier des légumineuses (pois, fèves, lentilles), espèces « au cœur des transitions agricole et alimentaire ».
Structuration de filière et innovation
En 2021, Sofiprotéol a réalisé près de 70 M€ d’investissements, dans sa fourchette annuelle de 60 M€ à 100 M€ mais nettement moins que les 125 M€ de 2020, qualifiés d’« exceptionnels ». 25 M€ ont été consacrés au semencier Limagrain Europe, qui arrive en tête l’an dernier. Cet investissement fait partie des « opérations structurantes » au sein des filières. Un autre volet vise à soutenir « l’innovation pour accroître la compétitivité des chaînes de valeur ». Ainsi dans l’agriculture bio, où « il y a encore des enjeux d’adaptation », indique Xavier Dorchies. Et de citer l’amont : en termes d’approvisionnement local – « Nous importons encore trop de protéines » – mais aussi de qualité des matières premières. Sofiprotéol a cofinancé du stockage de produits bio au sein de coopératives du Sud-Ouest. Elle a par ailleurs accompagné la transition agricole, en soutenant la recherche semencière et en cofinançant des programmes pour développer des oléoprotéagineux plus robustes face aux changements climatiques et aux bioagresseurs. Un dernier axe s’attache au développement d’« une alimentation saine et durable ». C’est le cas avec le belge Cosucra, qui a conforté son activité de première transformation de protéines de pois en alimentation humaine.
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Par ailleurs, Sofiprotéol se montre davantage soucieux de l’impact de ses investissements, dans le droit fil de la raison d’être d’Avril « Servir la Terre ». « La rémunération des prêts que nous octroyons est modulée selon des critères de performance environnementale », illustre Xavier Dorchies. De nouveaux critères extra-financiers restent à identifier. Cela à partir d’un socle commun tournant autour des notions de sécurité, de gouvernance, et de décarbonation ; d’autres critères plus spécifiques, associés aux différents secteurs d’intervention.