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Huiles alimentaires/Résultats Sofiprotéol a connu une année 2011 difficile mais a résisté

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La société financière de la filière française des huiles et protéines végétales a connu « un exercice difficile dans un environnement économique défavorable à l’ensemble de la profession », a concédé son directeur général Philippe Tillous-Borde, lors de la présentation des résultats à la presse. L’activité, tant pour les huiles de consommation humaine ou animale, tout comme celle dédiée aux biocarburants, a été pénalisée par le prix toujours élevé des matières premières. Il a par ailleurs été difficile de répercuter ces hausses aux consommateurs. Le chiffre d’affaires du groupe a progressé mais la rentabilité en a été affectée.

Le chiffre d’affaires consolidé (non encore audité) de Sofiprotéol ressortirait à 6,5 milliards d’euros, en progression de 16% comparativement à 2010. En revanche, l’excédent brut d’exploitation accuse un recul de 17% à 250 millions d’euros. Le groupe a toutefois pu maintenir ses investissements dans le financement de la filière et poursuivre son internationalisation.

Bonne résistance des huiles alimentaires
Le pôle de transformation des oléagineux, regroupé dans Soprol, a réalisé un chiffre d’affaires de 4,8 milliards pour un EBITDA de 200 millions. Sur ce total, Lesieur, filiale à 100% (via Saipol propriété à 100% de Soprol) a réalisé des ventes de 756 millions, les volumes augmentant de 1 million de litres par rapport à 2010 pour atteindre 289 millions. Le début de l’année a été « très complexe » car les hausses des coûts du colza ou du tournesol n’ont pu être répercutées à la distribution qu’en milieu d’année, vers juin. Dans la grande distribution, les efforts de communication soutenus ont également porté leurs fruits à cette même période. La relance d’Isio 4 et la valorisation des produits « d’origine France » ont permis de réaliser une année stable en volume. L’activité sauces et condiments a davantage souffert de sa position de numéro 3 dans un marché perturbé par la hausse des prix, explique la société. Dans les autres circuits de distribution, Lesieur a augmenté ses volumes destinés à la restauration hors foyer (+4%) et à l’international (+3%).

Lesieur poursuit son internationalisation
Le développement international s’est focalisé pour Lesieur sur l’Afrique. Ainsi au Sénégal, Lesieur et Saipol ont pris chacun 30% du holding Oleosen qui a racheté les activités de raffinage et de conditionnement d’huile de la société Senarh. Cette activité représente un chiffre d’affaires d’une vingtaine de millions d’euros. En Tunisie, Lesieur a participé à une augmentation de capital de Cristal Tunisie dont il était un des actionnaires aux côtés de la société marocaine Lesieur Cristal, dont le rachat a été finalisé le 10 février. Le holding marocain SNI a vendu 41% de ses parts dans Lesieur Cristal, numéro un de l'huile alimentaire au royaume, à une société nouvellement crée et détenue à 80% par Sofiprotéol et 20% par le groupe vinicole Castel. Lesieur Cristal restera toutefois coté à la Bourse de Casablanca. Cette société a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires d’environ 300 millions d’euros et dispose d’une capacité d’embouteillage de 300 millions de litres. « Nous avançons pas à pas en Afrique et au Maghreb, mais nous devons renforcer notre présence, car nous ne pouvons laisser cette zone aux Chinois ou aux Américains », explique Xavier Beulin, président de Sofiproteol. Le groupe a également pris le contrôle l’an dernier de la société roumaine Expur qui réalise un chiffre d’affaires de 132 millions d’euros. Au total, en année pleine, l’activité dans l’huile alimentaire représentera 1,1 milliard d’euros.

Inquiétude pour la filière française des œufs
L’activité de nutrition et santé animales avec Glon Sanders a réalisé un chiffre d’affaires de 1,7 milliard d’euros et un EBITDA de 50 millions. Si le groupe a su préserver ses activités dans la transformation du porc, dans la volaille « secteur exposé à une concurrence étrangère accrue, le bilan de l’exercice est décevant », explique Xavier Beulin. Les activités dans l’œuf et les ovoproduits ont souffert de la hausse du prix des matières premières et des perturbations du marché, suite à la mise aux normes de bien-être animal des fermes de poules pondeuses. « Nous sommes engagés dans une réflexion avancée avec Cecab, partenaire de Glon dans les œufs Mâtines, pour travailler à une restructuration du secteur, précise Philippe Tillous-Borde, car il ne faut pas se faire déborder par la concurrence espagnole, hollandaise ou belge, ne serait-ce que pour des raisons de traçabilité des œufs mis sur le marché. » La profession doit se regrouper pour offrir une riposte commune. Une telle concertation est également souhaitable pour ne pas se présenter en ordre dispersé face à la grande distribution.

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