Sofiprotéol, l’établissement financier de la filière oléoprotéagineuse française, est sur le point de prendre des parts dans la société Dagris SA, l’ancienne Compagnie des textiles français (CFDT), principalement basée en Afrique, dans le secteur des graines de coton.
Le ministère de l’Économie vient de confirmer son intention de céder ses parts (64,7% du capital) de Dagris SA au consortium Sodaco, Société de développement africain du coton et des oléagineux, conduit à parité par Sofiprotéol et l’Idi (anciennement Institut de développement industriel).
Un projet industriel et stratégique
Avec ces nouveaux actionnaires chez Dagris, une page de l’histoire se tourne. La participation financière de l’État français, héritée de la période coloniale, fait place à une participation d’opérateurs privés, mais avec des fonds à caractère collectif et ayant une mission d’intérêt général. Mais l’originalité du montage envisagé est que les deux opérateurs qui reprendront la part de l’État n’ont pas pour objectif les gains financiers à court terme.
L’un, Sofiprotéol, vise l’expansion de la filière des huiles et des protéines végétales, à travers la transformation des oléagineux, la nutrition animale et les semences. L’autre, l’Idi, est une société d’investissement spécialisée dans le développement des entreprises de taille moyenne. « Ce projet industriel et stratégique » du consortium vise à créer les conditions du développement de Dagris, « en cohérence avec les valeurs et objectifs du groupe, au regard notamment du rôle de la société dans les économies des pays du Sud », commente le ministère des Finances.
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Pour Sofiprotéol, ce montage est une double diversification : dans un nouveau type de graines et sur de nouvelles zones géographiques. L’huile de coton est promise à un fort développement, étant un produit de base de l’alimentation de l’Afrique sub-saharienne, en forte croissance démographique, indique-t-on chez Dagris.
Des projets dans les biocarburants
En outre, de nombreux pays d’Afrique envisagent de développer la production de biodiesel, pour diminuer leur dépendance énergétique. « Dagris SA et ses huileries ont développé, grâce à leur expérience reconnue dans la trituration des graines oléagineuses, un savoir-faire dans le domaine de la fabrication de biocarburants », indique-t-on au siège de Dagris. Dans cette filière, deux procédés sont possibles, poursuit-on : l’utilisation de l’huile en l’état en modifiant éventuellement les moteurs ; la transformation de l’huile en ester. Dagris SA est actuellement chargé d’études de faisabilité pour l’implantation d’une première unité pilote de biodiesel au Burkina-Faso et s’intéresse à des projets de production de biocarburant au Mali et au Sénégal. Dagris SA étudie également l’implantation au Brésil d’un complexe huilerie - estérification d’une capacité annuelle de 100 000 tonnes.
Enfin, Dagris, qui contrôle des usines d’égrenage du coton au Burkina Faso, Sénégal, Mozambique, Ouzbékistan, etc., devrait développer de nouvelles productions oléagineuses, comme le tournesol, dans les continents où elle est implantée. Elle a signé un accord en ce sens avec Agropol (Association pour le développement international des oléagineux et protéagineux, liée à Sofiprotéol).