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Finance Sofiproteol mobilise 100 M€ de plus pour irriguer les filières agricoles et agroalimentaires

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Le bras financier du groupe Avril vient de boucler une augmentation de capital de 100 millions d’euros, ce qui porte sa force de frappe à 440 millions d’euros. Désormais, Sofiproteol pourra investir jusqu’à 60 millions d’euros par opération dans une entreprise hexagonale, mais toujours en restant minoritaire au capital.

« Nous annonçons aujourd’hui une bonne nouvelle pour les agriculteurs français : nous disposons de 100 millions d’euros supplémentaires pour investir et structurer les filières », a déclaré Michel Boucly, directeur général délégué de Sofiproteol le 11 janvier à Paris, à l’occasion d’un point d’information avec la presse agricole, agroalimentaire et financière. Cette augmentation de capital permet de porter les fonds propres du bras financier du groupe Avril à 440 millions d’euros au 31 décembre 2017, contre 348 millions d’euros un an auparavant. Selon Sofiproteol, le résultat net a atteint en 2017 environ 10 millions d’euros, dont 30 % sont distribués.

Qualifiée de « succès » par Sofiproteol, l’opération a aussi été l’occasion pour la société de tester sa capacité à mobiliser les partenaires financiers déjà au tour de table et à en attirer de nouveaux. « Tous les actionnaires de Sofiproteol ont participé à l’augmentation de capital, et deux nouveaux souscripteurs, Arkéa et Groupama, ont demandé à rejoindre la société », a expliqué Jean-Philippe Puig, directeur général et gérant de la SCA Avril. Groupama intègre le tour de table à travers Groupama Gan Vie et 5 caisses régionales : Groupama Paris Val de Loire, Groupama Centre Manche, Groupama Loire Bretagne, Groupama Nord-Est et Groupama Grand Est. Parmi les souscripteurs déjà au tour de table, on retrouve le Crédit Agricole via Idia Capital Investissement, Natixis, Unigrains, Terres Univia, l’Association nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences oléagineuses (Anamso), la Fédération nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences (Fnams), la Fédération du négoce agricole (FNA), le Groupement des transformateurs d’oléagineux métropolitains (GTOM) et le Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (Snia). Cette augmentation de capital entraîne une modification du tour de table : Avril, qui avait 84 % du capital, voit sa participation baisser à 70 %.

Jusqu’à 60 millions d’euros par investissement

Renforcée par ces nouveaux fonds, Sofiproteol va pouvoir investir davantage à l’occasion de chaque opération. Si le seuil minimum est toujours fixé à 300 000 euros, la société pourra désormais mettre jusqu’à 60 millions d’euros dans une même opération, contre 40 millions d’euros auparavant. Sur la période 2017-2022, ce sont 375 millions d’euros que Sofiproteol compte investir au total. En revanche, pas de changement dans les six secteurs qui vont bénéficier de cette nouvelle manne : l’amont végétal ; l’amont animal ; la collecte et la mise en marché des productions végétales et animales ; la transformation agricole et les ingrédients alimentaires ; les produits alimentaires de grande consommation ainsi que l’innovation durable et les fonds d’investissement.

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Affirmant sa spécificité de ne pas être un fonds comme les autres, à la fois agricole et industriel, Sofiproteol revendique son engagement dans la structuration des filières. « Cela nous amène à investir dans des projets de petite taille, pour lesquels nous ne recherchons pas prioritairement la rentabilité, mais qui ont un rôle dans la structuration d’une filière », explique Michel Boucly. Le cas le plus récent est celui de la filière du soja français, pour laquelle Sofiproteol a financé deux usines en mettant entre un et deux millions d’euros dans chaque entité, et en co-investissant avec des coopératives locales. Le but est de créer des outils de taille critique, alors que dans ce secteur la France est dotée d’équipements de très petite capacité.

Accompagner les entreprises au jour le jour

Sofiproteol va poursuivre sa politique d’investisseur minoritaire qui lui permet de multiplier les prises de participations et d’avoir une vision fine des filières, notamment en suivant de près ses investissements et en siégeant systématiquement dans l’organe de direction. Parmi ses critères pour décider d’investir, la RSE figure en bonne place. « Ce que nous regardons en premier, ce sont les statistiques en matière de santé et de sécurité au travail », explique Michel Boucly. L’innovation figure aussi en bonne place, au même titre que la qualité du management, qui doit partager la vision du fonds d’œuvre pour le développement de la « ferme France ».

Si l’investissement dans des sociétés étrangères n’est pas d’actualité, la capacité de l’entreprise à exporter est regardée avec attention. Sofiproteol se pose en investisseur de long terme, avec une moyenne de 8 ans au capital des entreprises, mais beaucoup plus longtemps, du moment que la rentabilité est au rendez-vous. Ainsi chaque année, Sofiproteol entre au capital de 10 à 15 entreprises.