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À la conférence annuelle de la chaire Développement durable de Sciences Po le 30 octobre, Sofiprotéol a mis en lumière les initiatives du monde agricole s’inscrivant dans la transition énergétique. Des actions à la fois au niveau cultural et industriel.
«L’ensemble du monde agricole a pris conscience qu’il doit progresser vis-à-vis des demandes sociétales », a déclaré le directeur général de Sofiprotéol, Jean-Philippe Puig, à la conférence annuelle de la chaire Développement durable de Sciences Po le 30 octobre. « Un enjeu pour demain est de réduire les émissions de gaz à effet de serre, en travaillant sur les intrants », a-t-il souligné lors d’une table ronde sur le thème « transition énergétique et sobriété », en identifiant ses propos comme le reflet d’un « dialogue constant » entre les agriculteurs actionnaires de Sofiprotéol. Le patron du groupe financier et industriel de la filière des huiles et protéines végétales a cité plusieurs initiatives déjà menées. Il y a les rotations incluant des plantes qui apportent de l’azote à la culture suivante. Les cultures compagnes permettent de valoriser l’« intercampagne », avec à la clé une meilleure biodiversité, un gain de revenu. « Les agriculteurs qui ont les plus gros revenus sont aussi ceux qui respectent l’environnement », a-t-il lancé.
Des contrats de progrès
Sofiprotéol a mis en avant ses contrats de progrès. Plus de 10 000 agriculteurs sont concernés, soit quelque 300 000 hectares d’oléagineux en 2012. Il s’agit d’effectuer des mesures de gaz à effet de serre, de s’engager à réduire leurs émissions. « Des améliorations sont constatées, avec des réductions sur les intrants, les gaz à effet de serre, grâce à des changements de pratiques culturales », a signalé Jean-Philippe Puig. Sur le plan industriel, Sofiprotéol vient d’investir à Bassens (Gironde) dans la combustion des coques de tournesol. « Les économies de CO2 sur le site représentent l’équivalent du gain d’électricité pour la France lié au changement d’heure été/hiver », a-t-il précisé.
Changer de comportement
Cela n’a pas empêché d’autres intervenants à la table ronde d’épingler les agriculteurs. Jean-Luc Daubaire, adjoint au maire de Rennes délégué à l’Energie et à l’Ecologie urbaine, a insisté sur le besoin pour la ville de coopérer avec la campagne. « Des ressources de méthanisation sont gâchées, a-t-il estimé, en pointant l’exemple des « Bretons qui épandent leurs excédents en Vendée ». Pour lui, la transition énergétique est « inéluctable ». Elle appelle à penser autrement, à changer de comportement. « On a changé de siècle, a souligné Jean-Luc Daubaire. La logique de l’offre, de la production, du marketing est abandonnée au profit de l’adaptation aux besoins. »