À côté de ses activités de gestion du don agricole, l’association fera l’intermédiaire entre les associations d’aide alimentaire et les agriculteurs pour l’achat de produits frais. Les prix ne seront pas « négociés », assure Solaal.
L’association Solaal, spécialisée depuis plus de dix ans dans la gestion du don agricole, lance en parallèle une activité « d’achats solidaires » pour les produits frais, indique-t-elle dans un livre blanc publié fin février. Concrètement, Solaal va recenser les offres des producteurs agricoles et les proposer aux associations d’aide alimentaire. Et, à l’inverse, une association caritative peut contacter Solaal pour trouver un approvisionnement dans le secteur agricole. Selon les besoins, Solaal pourra également assurer la logistique. « Les prix au producteur ne seront pas négociés », s’engage l’association. Elle explique que « l’objectif premier de ce dispositif est de répondre aux pénuries de dons, tout en soutenant les filières agricoles locales ». En 2023, les dons ayant transité par Solaal ont atteint 3 335 tonnes, soit l’équivalent de 6,6 millions de repas qui ont distribué par plus de 700 associations. « Toutefois, les quantités de dons agricoles ont globalement diminué ces deux dernières années, en raison principalement des conditions climatiques et de l’inflation des coûts de production, précise Solaal. Or, la précarité ne recule pas, hélas. » Dans un contexte de recul global des dons, les Banques alimentaires – principal acteur de l’aide alimentaire en France – cherchent à nouer des liens plus étroits avec l’amont agricole et l’industrie.
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Suppression du prélèvement MSA
Solaal demande, dans le cadre de la réforme de la fiscalité des dons alimentaires annoncée par le gouvernement, que les agriculteurs ne soient plus soumis au paiement de charges sociales sur les produits donnés aux associations d’aide alimentaire. « Lorsqu’un agriculteur effectue un don en nature (produit agricole), il est tenu d’intégrer le montant de ce don dans son résultat fiscal. Ce même résultat fiscal sert de base de calcul aux cotisations sociales et prélèvements sociaux. Il paye donc des cotisations MSA (mutualité sociale agricole, NDLR) sur son don », explique Solaal. Cette situation n’incite pas aux dons de produits frais, déplore l’association. Elle demande également qu’un travail soit engagé sur la complexité du dispositif permettant à des organisations de producteurs de bénéficier d’une compensation financière pour retirer les produits du marché et les donner, en cas de « difficulté à vendre la production ». Enfin, l’association insiste pour que l’information des bénéficiaires sur la provenance des produits devienne « une priorité ». Elle veut travailler avec les associations d’aide alimentaire sur la « traçabilité » des produits distribués.