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Solicaz recherche 4 M€ pour développer ses biostimulants adaptés aux zones tropicales

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Solicaz a débuté par la reforestation active des anciens sites miniers. Crédits : © Solicaz

La société guyanaise Solicaz a développé depuis 10 ans des biostimulants pour régénérer les sols dégradés et rendre plus performantes les cultures locales. Sa créatrice Elodie Brunstein compte désormais passer à la vitesse supérieure grâce à une levée de fonds.

L’heure de la maturité et de l’accélération semble être venue pour Solicaz, société basée à Kourou, en Guyane française. C’est en tout cas l’avis de sa créatrice Elodie Brunstein qui a fil de ces dix dernières années a construit une activité innovante pour restaurer les écosystèmes abîmés par l’exploitation minière, puis améliorer les performances de l’agriculture locale.

« Nous avons commencé par répondre au besoin de restauration des zones dégradées par l’exploitation aurifère en mettant en œuvre une reforestation active des sites », explique Elodie Brunstein. « Pour cela, nous avons recréé un phyto-microbiote permettant à la plante d’améliorer sa croissance et de mieux résister aux stress environnementaux liés au climat ou à la contamination des sols, ces sols étant souvent contaminés au mercure dans le cas de l’exploitation aurifère », poursuit-elle. Solicaz s’appuie alors sur une évaluation de la qualité des sols qui permet de déterminer la meilleure adéquation entre les bactéries du sol et les variétés de végétaux.

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Après avoir restauré plusieurs sites miniers, Solicaz a adapté son modèle à l’agriculture guyanaise. « On a souvent l’impression que tout pousse facilement en Guyane, mais les cultures sont confrontées à des problèmes très spécifiques comme des sols fragilisés face à l’érosion ou concernés par la salinité », selon Elodie Brunstein. Autre difficulté pour les agriculteurs : la nécessité de trouver des alternatives aux produits phytosanitaires sous forme de biostimulants, or ces produits encore récents sont souvent développés en premier pour les zones tempérées et non pour les zones tropicales. D’où la démarche de Solicaz de répondre à des besoins spécifiques en mettant au point des biostimulants sur mesure.

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Biostimulants au cas par cas

Sur ce modèle spécifique de solutions au cas par cas, Solicaz a ainsi pu répondre à des demandes des agriculteurs de Guyane, des Antilles, de la Réunion et de Polynésie, tant pour des cultures maraîchères qu’industrielles telles que la banane ou la canne à sucre. La société travaille aussi avec des agriculteurs brésiliens pour le soja afin d’améliorer la qualité de la graine, et des cultivateurs péruviens pour le cacao dont la plante concentre le cadmium (issus du sol et des intrants) dans de trop grandes proportions.

Aujourd’hui, Elodie Brunstein veut aller plus loin, notamment en produisant ses biostimulants à plus grande échelle. « Nous avons mis au point un modèle d’unité modulable de production de biostimulant en fonction de la superficie agricole à traiter, qui est reproductible dans différents environnements », explique-t-elle. Ce projet nécessitera aussi d’étoffer l’équipe qui compte 10 collaborateurs, notamment pour les volets commercial et marketing. 

Pour financer ces projets, Elodie Brunstein prévoit d’organiser une levée de fonds en 2024. « Nous prévoyons de lever 4 millions d’euros auprès de fonds agri ou agro », estime-t-elle, montant qui pourrait être complété par des emprunts et des subventions. La société a déjà organisé une levée de fonds en 2017 pour 350 K€. Elle est à l’équilibre et s’est notamment financée ces dernières années grâce à plusieurs subventions. A plus long terme, elle envisage de se doter de son propre outil de production de biostimulants dès lors que des autorisations de mise sur le marché auront été obtenues.