Bien entendu, Dacian Ciolos s'était opposé, le 15 octobre, à la décision de la Commission européenne de José Manuel Barroso, alors sur le départ, de proposer le recours à la réserve de crise agricole de 2015 face à l'embargo russe et le redéploiement des recettes supplémentaires de la Pac vers d'autres secteurs. Celui qui était encore commissaire à l'agriculture avait tenu bon mais n'avait pas eu gain de cause face à un président très déterminé. Son successeur, Phil Hogan, va maintenant devoir se positionner sur ce dossier, puisque celui-ci est à l'ordre du jour de la session de novembre des ministres de l'agriculture de l'UE. Un sérieux test pour lui, d'ailleurs. Les organisations du secteur ont directement interpellé à ce sujet Jean-Claude Juncker, le président du nouveau collège. Les membres de la commission de l'agriculture du Parlement européen jugent eux aussi inacceptable la manipulation budgétaire préconisée par l'exécutif. Celui-ci a tenté de se justifier devant les députés, affirmant que la solidarité entre les différents postes du budget communautaire est indispensable, car « nous n'avons pas suffisamment d'argent pour respecter nos engagements ». De fait, outre les urgences comme la lutte contre Ebola, l'Union accuse un retard de paiements gigantesque qui est passé de 23 milliards € fin 2013 à 30 milliards € aujourd'hui. D'où la mobilisation des fonds de la Pac à d'autres fins. Solidarité, vous avez dit solidarité ?
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