La question s’est posée en 2007-2008 et elle se repose aujourd’hui. Comment peut-on organiser une certaine solidarité entre producteurs de grandes cultures et éleveurs ? Comment faire en sorte que les prix élevés qui favorisent les premiers ne pénalisent pas les seconds. Il semble ubuesque de reposer cette question à chaque flambée des prix, pour trouver – non – une solution sur des bases différentes.
Il est urgent de trouver un mécanisme pérenne qui convienne à tous de manière à ce qu’on ne remette pas tout en cause ensuite. Les agriculteurs, tous les agriculteurs, ont besoin de connaître les règles du jeu à long terme sans qu’elles soient bouleversées à tout bout de champ. Pour la profession, la mise en place de ce mécanisme est aussi le plus sûr moyen d’éviter que le décideur politique n’intervienne dans le débat, ne soit tenté par un soupçon de démagogie en période d’élection.
Alors que décider comme mécanisme ? Au fond la question se pose un peu de la même manière que pour les impôts dont la réforme anime la sphère politique. Comment assurer une certaine équité sans remettre en cause la compétitivité et l’investissement des agents économiques que sont les exploitations ? Il y a la solution des contrats d’approvisionnement à long terme en matières premières pour l’aliment du bétail. Mais la notion de contrat peut tout dire tant qu’on n’a pas fixé le niveau du prix. Il y a l’idée d’une cotisation de coresponsabilité sur une fraction du prix des grandes cultures, au-delà d’un certain seuil. Ou encore, une certaine redistribution ou péréquation entre prix à l’export et prix intérieurs, etc. Ce qui est sûr c’est que les deux populations, céréaliers et éleveurs, n’auraient rien à gagner à un mécanisme qui handicaperait le dynamisme de l’un ou de l’autre.

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