La nomination d’un ministre à l’Agroalimentaire, ne serait-ce que délégué, a été très favorablement accueillie par les industriels du secteur, même si l’ANIA ne s’est pas encore officiellement prononcée. « Le message est bien passé », commente Philippe Mangin pour les coopératives. Il est vrai qu’il y a fort longtemps, plus de trente ans, que ce secteur vital de notre économie n’avait pas fait l’objet d’un tel égard. On ne peut que souhaiter bonne chance à Guillaume Garot tant les défis qui s’offrent à lui sont nombreux, mais aussi exaltants. Nous passerons sur les dossiers explosifs qui se trouvent sur son bureau mais restent encore largement entre les mains de Stéphane Le Foll ou Arnaud Montebourg. À plus long terme, il ne manquera pas de chantiers qui détermineront le futur visage de l’industrie agroalimentaire et qui ont trop longtemps été délaissés. En la matière, il ne s’agira pas d’instruire des procès en inertie de tel ou tel, mais de « jouer collectif », comme le faisait remarquer récemment un responsable industriel. La priorité sera de restaurer les marges des industries alimentaires, nerf de la guerre et conditionnant la réussite de tous les autres chantiers : retour de la compétitivité et conquête ou préservation des positions sur les marchés étrangers, financement de la recherche et de l’innovation, évolution des structures industrielles par des alliances, rapprochements, ou fusions. Autant de sujets intimement liés, l’aboutissement de l’un influant sur la réussite de l’autre. Il ne s’agit pas d’être visionnaire, mais tout simplement pragmatique. Et diplomate, car la mise en œuvre des solutions qui sembleront adaptées, nécessitera des arbitrages et de la fermeté. Ne pas céder aux intérêts particuliers, car c’est souvent ce qui a mené à l’inaction dans le passé.
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