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Solidarité allemande

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Cette semaine a été, sinon décisive, du moins cruciale pour la direction de Bayer, avec l’annonce de la Commission européenne d’autoriser l’acquisition de Monsanto par Bayer. Le groupe allemand avait tout fait pour montrer patte blanche en amont de la décision, en annonçant qu’il allait se délester de nombreuses activités, notamment en sélection de semences.

Toutes ces activités vont être reprises par un seul et unique concurrent : BASF. L’agrochimiste allemand qui n’avait jusqu’alors jamais investi dans les semences, alors que cela a été la stratégie de tous les grands groupes de protection des plantes depuis les années quatre-vingt-dix, va se retrouver à la tête d’une activité semences colossale, avec un investissement de plus de 7 milliards d’euros. Étonnant.

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Mais le groupe BASF est-il prêt à intégrer ce nouveau secteur d’activité ? Car il s’agit véritablement d’un nouveau métier. N’est pas obtenteur qui veut ! il est vrai qu’en général les chercheurs qui travaillent dans les centres de R&D sont vendus avec les murs. BASF va donc se retrouver avec un personnel qualifié. Pour autant, l’intégration risque d’être difficile avec cette arrivée massive d’activité semencière sans avoir eu le temps de s’acculturer.

Bayer et BASF… les deux allemands se serrent les coudes. De mémoire, c’est bien la première fois qu’une opération d’acquisition entre deux firmes de l’amont agricole se fait ainsi, avec un troisième larron qui récupère toutes les activités que l’acquéreur est obligé de céder du fait des autorités de la concurrence. Cette stratégie en tout cas a séduit ses dernières. Reste désormais à faire les yeux doux aux autorités américaines…